Vendredi 21 mars 2008

vachebleue.jpg (photo CVA)

Au salon de l'agriculture, ce ne sont pas toujours les plus grands stands qui sont les plus intéressants. Un visiteur un peu attentif pouvait faire de belles rencontres en sortant des allées centrales :

 

Du côté des vaches, on pouvait voir cinq représentantes d'une race qui avait presque disparu en France : la vache bleue du Nord. Un des éleveurs a bien voulu me raconter son histoire : race servant à la fois pour la production de lait et pour la viande, la vache bleue a fortement diminué pendant la deuxième guerre mondiale. Il fallait bien manger et rares sont celles qui ont échappé à l'abattage. Après la guerre, d'autres races offraient de meilleures productions laitières, comme les vaches hollandaises noires et blanches. Le mot d'ordre fut donc donné d'élever ces vaches en priorité afin de donner du lait à tous les petits français et la vache bleue fut abandonnée ou presque. Dans les années quatre-vingt, alors que des tonnes de beurre s'accumulaient dans les chambres froides européennes, quelques amoureux de ces jolies bêtes ont décidé de relancer la filière. Ils trouvèrent les derniers exemplaires chez d'anciens fermiers qui étaient restés attachés à leurs vaches de toujours. Des veaux et des génisses furent "programmés" et l'année suivante, la nouvelle génération de "bleues" était née. Elles seraient 590 en France actuellement réparties entre 17 éleveurs. Les atouts des bleues sont multiples : ces vaches sont rustiques (donc moins fragiles) et ont une grande longévité. Selon l'éleveur, elles donnent en moyenne 5 veaux contre 2,2 pour les vaches de production laitière intensive. Mais en dehors des chiffres, c'est aussi un certain attachement aux bêtes qui est apparu dans le discours de l'éleveur : "Notre objectif n'est pas d'avoir des bêtes simplement pour deux ans. Ca nous intéresse pas." On le comprend : les cinq bleues exposées étaient vraiment belles et vraiment bleues, parfois blanches aussi, ce qui relevait encore plus le bleu de leurs taches. En un mot, cette rencontre fut une belle découverte.

 

Côté porcin, difficile de passer à côté de cet énorme cochon de 330 kg ! : un porc gascon. Son histoire mérite aussi d'être racontée : porc noir du sud ouest de la France, à la croissance lente et ne supportant pas la claustration, l'animal n'a pas fait le poids face au porc blanc destiné à la production industrielle après la guerre. En 1981, la race était en voie de disparition car il ne restait que 20 truies (contre 20 000 avant la guerre) et deux verrats, conservés par des petits propriétaires collectionneurs. Un programme régional de conservation lancé il y a 20 ans a permis de récupérer la race pour une production de 6000 porcs annuellement, aujourd'hui. Interrogé sur le sens de cet élevage, un des éleveurs présents sur le stand a déclaré :  "Cela fait plaisir car on est dans le vrai. On élève un animal dans son territoire d'origine, en race pure, de façon extensive, à l'extérieur, et avec pas plus de 20 porcs à l'hectare pendant 12 à 14 mois. On a vraiment plaisir à produire." Côté débouchés, il semble que la qualité soit rentable car selon l'éleveur, toute la production est écoulée sans aucune difficulté.

par Christine V-A publié dans : animaux
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Vendredi 22 février 2008
La ville d'Orléans a décidé de commencer ce nouveau siècle en se passant de pesticides. Depuis l'an 2000, la ville utilise la protection biologique intégrée (PBI) pour lutter contre les pucerons et autres parasites des plantes de ses serres et jardins.
Qu'est-ce que la protection biologique intégrée ?
C'est tout simplement l'utilisation de méthodes naturelles pour lutter contre les prédateurs des plantes. Cette méthode est apparue il y a environ 25 ans en France et elle fonctionne très bien. En quoi consiste t-elle ? La PBI utilise des prédateurs qui se nourrissent des parasites des plantes ou bien qui parasitent eux-aussi ces "indésirables". Le recours aux pesticides est autorisé en cas d'insuffisance de la protection biologique, mais le plus souvent la méthode fonctionne au-delà des espérances des jardiniers. La ville d'Orléans est un bel exemple de réussite dans ce domaine : dans les serres tropicales, l'utilisation de produits phytosanitaires a été réduite de 95% et de 100% dans les jardins ! Un autre constat a été fait : celui du retour d'oiseaux, d'abeilles, de papillons et de lézards dès la première année de lutte biologique.
Le premier site qui a bénéficié de la PBI a été la serre tropicale où des cochenilles se développaient l'hiver. Ces "poux des plantes" aspirent la sève des végétaux sur lesquels ils se fixent. Son prédateur naturel principal est la coccinelle (présente sur place) mais elle ne se multiplie plus lorsque les jours raccourcissent. La ville a donc agi en deux temps : des larves de Chrysopes ont été introduites dans la serre. Un apport supplémentaire de coccinelles a ensuite été effectué pour renforcer l'action des coccinelles existantes. Les jardiniers ont alors laissé faire la nature. Un mois plus tard, seule une petite population de cochenilles s'était développée au lieu de populations importantes les années précédentes. Des pulvérisations d'huile de colza puis de savon l'ont alors éliminée complètement.
A l'extérieur, ce sont d'abord des mûriers qui ont été débarrassés des mêmes cochenilles. Un nettoyage à haute pression a été effectué pour en décoller une partie sur les branches, puis un traitement avec une huile de colza a été appliqué. Mais ce traitement a été arrêté dès l'apparition de coccinelles pour ne pas perturber l'arrivée de leurs larves. Trois apports de larves de coccinelles ont par ailleurs été fait en début d'été et des coccinelles des serres ont été prélevées et lâchées dans les mûriers. A la fin de l'été, les populations de cochenilles avaient diminué. En septembre, des caches hivernales ont été fabriquées pour les coccinelles afin d'en conserver un maximum pour le printemps suivant. L'année suivante, les cochenilles avaient complètement disparu sans aucune intervention humaine.
Toujours à l'extérieur, un mur végétalisé montrait des feuilles flétries. En regardant derrière un panneau, les jardiniers ont découvert de nombreuses larves d'Otiorhynques. Des introductions de nématodes, prédateurs de la larve ont été faites. Quelques mois plus tard, le mur végétalisé présentait un aspect resplendissant.
Enfin, pour le Jardin des roses, une stratégie a été conçue dès l'aménagement du site, en ajoutant des plantes accompagnatrices favorisant la présence d'insectes "amis". Des espèces mellifères (pour insectes butineurs) et des plantes répulsives ont ainsi été placées entre les rosiers. Puis, dès l'apparition des boutons de roses, une application hebdomadaire de soufre et de bouillie bordelaise a été faite en prévention de l'apparition de champignons (maladies cryptogamiques). Les premiers pucerons ont quant à eux été éliminés grâce à l'apport de 4 auxiliaires naturels : une petite guêpe parasitoïde (Aphidius colemani) qui pond ses oeufs dans les pucerons et provoque la mort de ces derniers, un insecte vert pâle aux grandes ailes transparentes (Chrysopa carnea) dont la larve se nourrit de pucerons, d'acariens, de cochenilles, de thrips et de mouches blanches (quelle terreur des jardins !), un acarien prédateur d'autres acariens (ça se complique !) et notre chère petite coccinelle (connue de tous !) qui se nourrit de pucerons. Les résultats ont été "concluants".
Non contente de ce succès qui a vu l'utilisation de pesticides se réduire à néant ou presque, le retour des espèces citées en début d'article mais aussi celle d'autres auxiliaires naturels comme le syrphe, le chrysope, la punaise et le diptère, la ville d'Orléans souhaite aujourd'hui renforcer la présence de papillons, d'abeilles et d'autres butineurs sauvages en développant la présence de plantes mellifères et d'abris naturels pour les accueillir l'hiver. Elle a par ailleurs proposé de mener à bien des expériences de lutte biologique dans les jardins du Parc floral d'Orléans la Source, au jardin de la Charpenterie ainsi qu'à la roseraie de Saint Marceau. Juste un mot de plus : bravo !
par Christine V-A
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Vendredi 15 février 2008
petit-panda-10-2007-256-1-.jpg(crédit photo : François-Gilles Grandin/PZP/MNHN)
A Noël, la Ménagerie du Jardin des Plantes a annoncé la naissance de deux petits pandas roux, chose assez inédite car ces mammifères ne se reproduisent pas très facilement en captivité. Les deux jeunes étaient nés en juin 2007 mais n'ont été montrés au public qu'à Noël, après avoir été sevrés. Zanda, la femelle, et Yumco, son frère, sont deux nouveaux représentants d'Ailurus fulgens fulgens, mammifères originaires de l'Himalaya et de la Chine méridionale. Leur régime alimentaire se compose de grandes quantités de bambous et, occasionnellement à l'état sauvage, d'oisillons, d'oeufs, de petits rongeurs et d'insectes. L'intérêt de ces naissances réside dans le fait que dans leurs régions d'origine, ces pandas sont en danger de disparition, ménacés par la destruction de leur habitat et cibles du braconnage pour leur pelage. C'est pourquoi des naissances en captivité sont toujours une bonne nouvelle. Cependant, les zoos et les ménageries doivent se méfier d'un possible problème de consanguinité lors de "mariages" entre animaux captifs. C'est pourquoi ils tiennent des registres pour ne pas croiser les individus lorsqu'ils sont trop proches. La présence des animaux dans leur milieu naturel (où la consanguinité est plus rare) n'étant plus toujours possible, l'Europe a créé un plan d'élevage européen (EEP) qui permet de sauver les espèces les plus menacées. A la ménagerie, on trouvera aussi deux binturongs nés en mai 2007, animaux également menacés dans leur zone d'origine (l'Asie tropicale) car chassés pour leur chair ou capturés pour devenir des animaux de compagnie en raison de leur bon caractère. Et, dans le cadre des échanges du programme EEP, une femelle Orang-outang de 19 ans, nommée Theodora, est arrivée à la ménagerie le 28 novembre dernier, accompagnée de Tamu, sa fille de 3 ans qu'elle élève. Mais la ménagerie annonce pour bientôt une autre heureuse nouvelle... à suivre, donc !
par Christine V-A publié dans : animaux
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Samedi 19 janvier 2008
Le ministère de l’environnement espagnol a annoncé que pour la première fois dans son histoire industrielle, un décrochement entre la courbe de croissance économique (+ 58 % du PIB entre 1990 et 2005) et la courbe des émissions polluantes s’est produit. Les émissions de dioxyde de soufre (SO2) ont fortement baissé, les Composants Organiques Volatiles (COV) ont inversé leur tendance et l’ammoniaque (NH3) et l’oxyde de nitrogène (NOx) se sont stabilisés. Mais la péninsule pense faire mieux très bientôt. En effet, début décembre 2007, le conseil des ministres espagnols a adopté un Programme National de Réduction des Emissions  pour appliquer une Directive Européenne de 2001. Le programme porte sur la réduction de l’ammoniaque (NH3), du NOx, des COV et du SO2. Deux autres projets sont en cours d’adoption : la Stratégie Espagnole de la Qualité de l’Air, approuvée en conseil des ministres en février 2007 et la Loi de la Qualité de l’Air et de la Protection de l’Atmosphère, approuvée par le gouvernement et en cours de ratification par le Parlement.
par Christine V-A
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Samedi 19 janvier 2008
Vue à la petite superette du coin de la rue, une barquette de pot au feu (pour faire une soupe) dont le plastique est naturel. Il est élaboré à partir de maïs et biodégradable.
par Christine V-A
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Dimanche 6 janvier 2008
Une visite à l’exposition gratuite sur l’eau potable à Paris (au Pavillon de l’eau, 77 avenue de Versailles) apprendra au visiteur plein de choses intéressantes sur l’approvisionnement en eau de la capitale. Parmi les nouvelles en faveur de l’environnement, on notera que la consommation d’eau des ménages n’a cessé de croître depuis l’après-guerre mais qu’au début des années 90, la tendance s’est inversée. Les Parisiens sont passés du bain à la douche et ont installé des chasses d’eau à double « vitesse ». Leurs équipements sont sans doute aussi plus économes en eau et ils se lavent les dents en fermant le robinet d’eau. La même tendance s’observe à l’échelle nationale. Dans la foulée, les ménages utilisent moins de détergents pour laver leur linge. Multipliée par des millions de fois, cette baisse évite le rejet de milliers de tonnes de produit chaque année.
par Christine V-A
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Samedi 5 janvier 2008
Le programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE) a lancé en 2007 une initiative pour séquestrer le CO2 et lutter contre le changement climatique. Il s’agissait tout simplement de planter un ou plusieurs arbres et de déclarer chaque arbre planté sur leur site. Cette initiative concernait toute personne, entreprise ou Etat. A la fin 2007, le compteur indiquait plus d’un milliard cinq cent millions d’arbres plantés dans le monde et à la date de la rédaction de cet article, 1 620 645 189 arbres avaient été plantés. Le PNUE relance l’opération pour 2008. Alors à vos pelles ! Pensez à offrir un arbre pour la naissance d’un enfant, pour ses 10, 20 ou 30 ans et à chaque dizaine supplémentaire. Plantez-les pour profiter de leurs fruits, pour assécher un terrain humide ou faire de l’ombre. Plantez-les aussi parce qu’un arbre, c’est joli.
par Christine V-A
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Samedi 5 janvier 2008
En ce début janvier, Noël est encore proche. Voici donc une belle histoire, véridique, qui aurait pu être inventée pour faire plaisir aux petits comme aux grands.

 

Il était une fois une chauve-souris qui avait fait un grand voyage. Mais, ce voyage avait été si long (elle avait parcouru 1500 km alors qu’elle ne mesurait que 10 cm) qu’elle tomba, épuisée, dans la cour d’un collège proche de Madrid. Heureusement, les enfants et les professeurs de ce collège étaient de bonnes personnes et plutôt que d’abandonner la chauve-souris à son funeste destin, ils appelèrent un centre de protection des animaux et de la faune sauvage. Les spécialistes du centre reconnurent une chauve-souris migrante, dont le nom scientifique est Nyctalus leisleri, qui vit dans le sud de la France et en Espagne mais migre vers l’Europe centrale en mai pour donner naissance à un ou deux petits. En regardant une de ses pattes, ils s’aperçurent qu’elle avait un anneau où était indiqué son pays d’origine : l’Allemagne. Plus précisément, elle venait de Bonn. Mais Nycty, la petite chauve-souris, avait perdu la moitié de son poids et était totalement déshydratée. Alors, ils la soignèrent, lui donnèrent à boire et plein d’insectes croustillants et gluants à manger et très vite Nycty redevint une jolie chauve-souris dodue avec un beau pelage soyeux.

Mais l’histoire ne s’arrête pas là. Il était temps pour Nycty de retourner en Allemagne et de reprendre le cycle de sa vie. Doutant encore de sa capacité à faire les 1500 km de retour alors qu’elle avait failli mourir, les spécialistes du centre demandèrent au ministère de l’environnement de leur pays si, pour une fois, Nicty ne pouvait pas retourner à Bonn à la façon des ministres, justement, c’est-à-dire en… avion. Et là, surprise, la ministre dit « oui » !

C’est ainsi que Nycty a fait un voyage extraordinaire dont elle se souviendra toute sa vie et dont elle pourra parler à ses enfants en leur assurant qu’il existe encore des hommes et des enfants qui veulent bien prendre soin d’animaux grands comme une main, poilus, avec un petit nez écrasé et qui dorment la tête à l’envers.

 

 

Pour en savoir plus sur la noctule :

La noctule vit en méditerranée mais n’hésite pas à migrer jusqu’en Irlande, en Scandinavie et en Russie. Elle mesure de 8 à 11 cm et pèse de 10 à 20 grammes. L’espèce hiberne de septembre à avril en Méditerranée et migre (seulement les femelles) en mai vers le Nord. La noctule sort dès la fin du jour et tôt à l’aube. Elle se nourrit d’insectes.

L’espèce est protégée car elle niche dans des arbres creux, de plus en plus difficiles à trouver. Elle occupe aussi des fissures dans les habitations, faute de trouver de vieux arbres. Mais la difficulté à trouver un lieu pour se reposer ou s’installer en épuise et tue beaucoup surtout lorsque les conditions climatiques sont dures. Le sauvetage de la chauve-souris a été réalisé en 2004 par la Direction Générale de la Biodiversité espagnole et des associations de protection des animaux et de la faune sauvage, avec le soutien du Ministère de l’environnement espagnol.

 

par Christine V-A publié dans : animaux
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