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28 mai 2009 4 28 /05 /mai /2009 13:00
Article paru le 18 novembre 2008 dans l'ancienne version de Bonnes Nouvelles Environementales.
(photo Main verte)


Avec 75% des populations de poissons en limite maximale d’exploitation, surexploitées ou déjà effondrées, on ne peut pas dire que l’avenir soit rose pour l’état des ressources halieutiques et pour la biodiversité des mers du globe. Pourtant, deux exemples permettent de reprendre confiance et sont appliqués dans d’autres régions du monde : celui du Pérou et celui du Canada. Ces deux exemples ont été présentés en conférence le 13 novembre 2008 par Pierre Fréon, Directeur de Programme ECO-UP au Centre de Recherche Halieutique Méditerranéenne et Tropicale (pour le Pérou) et par Paul Treguer, Directeur du réseau Eur-Océans (pour le Canada).

Au Pérou, l’anchois apporte deux ressources essentielles : la nourriture d’oiseaux marins qui se massent le long de la côte et la pêche pour transformer les petits poissons en farine « fourrage », c’est-à-dire, en aliment pour bétail. Très vite, les hommes se sont aperçus que le guano des oiseaux pouvait être utilisé comme engrais agricole et 40 millions de tonnes ont été récoltés en 50 ans, devenant une véritable industrie basée sur une « collaboration » animal-homme.

Mais dans les années 70, alors que la flotte de bateaux avait beaucoup augmenté, un déclin de l’anchois s’est produit (accentué par un déclin naturel des stocks car la population d’anchois suit un cycle ascendant et descendant connu aujourd’hui). Des quotas avaient bien été fixés dès la fin des années 60, mais permettaient de pêcher encore trop de poissons. La baisse dramatique des populations d’anchois s’est produite une année où le phénomène d’El Niño fait baisser naturellement les stocks de poissons. Mais contrairement aux autres années, les stocks de poissons n’ont malheureusement pas augmenté après El Niño. La flotte de bateaux de pêche est ainsi passée de 1400 à 400 bâtiments à la fin des années 80. Ne trouvant plus de nourriture, les populations d’oiseaux ont fortement diminué et le guano avec eux. La surpêche a donc provoqué deux crises économiques (pêche et engrais) et deux crises écologiques (plus d’anchois et plus d’oiseaux). Pour remédier au problème, des quotas ont enfin été établis, permettant une pêche durant 50 jours par an contre 200 jours auparavant. Les contrôles se font depuis le début de l'application des quotas avec la totale collaboration des pêcheurs qui ont bien compris qu’il fallait gérer les stocks de poissons pour continuer à travailler à long terme.

Au Canada, mêmes causes, mêmes effets. Mais pour trouver des solutions économiques pour les pêcheurs, la baisse des populations de Morue a été gérée en diversifiant les types de poissons péchés et en créant des emplois saisonniers dans d’autres activités, comme le tourisme ou l’artisanat. Le changement de métier n’a pas toujours été facile à réaliser ou à vivre, mais petit à petit, la transition s’est faite et aujourd’hui, la nouvelle génération de pêcheurs évolue entre ces différents métiers… comme un poisson dans l’eau.

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commentaires

Main+verte 17/06/2009 09:23

COMPLEMENT D'INFORMATION
Les zones marines protégées pour les poissons adultes aussi

En complément à l'article sur la surpêche, dans la même conférence, une personne du public a ajouté que les zones marines protégées ont une grande importance dans la protection des espèces car elles sont un sanctuaire pour les poissons adultes aussi. Or, ce sont les poissons adultes qui ont une plus grande capacité reproductive. Pour résumer, un jeune adulte aura une faible reproduction, un adulte mature aura une forte reproduction. Cela explique sans doute pourquoi, après une surpêche, la population ne récupère pas toujours son niveau d'avant même lorsque la pêche s'arrête. Il faut donc maîtriser la pêche avant la surpêche.

siratus++:0010: 30/05/2009 00:07

Ben voilà, j'arrive à temps pour découvrir ces Bonnes Nouvelles !
Dès que j'aurai le temps (je viens de rentrer seulement), je t'en donnerai des Philippines... Oui, il y a des coraux vivants et une très riche biodiversité...Tous les moyens sont bons pour ne pas désespérer.
Gros bisous

Kahouette 28/05/2009 15:28

C'est vrai que le guano est un bon engrais en plus...il est bon d'en mettre aux pieds des plantes. Si tu as des pigeons sur ton balcon, c'est une aubaine car, en recueillant leurs fientes, tu permettras à ton grenadier de faire d'autres feuilles ! alors, qui a dit que les pigeons étaient des brutes ? Moi, sans doute, euh, pardon ! Gros bisous Manita :)