En illustration de l'article précédent, Kristin, volontaire participant à l'opération de comptage des papillons dans son jardin en Bretagne, explique comment elle s'y
prend.
Comment as-tu appris que l'opération de comptage des papillons existait ? J'ai découvert Noé Conservation et le comptage des papillons il y a deux ans avec Caro qui le fait depuis plus longtemps que moi.
Etais-tu particulièrement sensibilisée aux problèmes environnementaux ou était-ce par attrait personnel envers les papillons
?
J'essayais déjà de faire attention à l'environnement (sauf pour la voiture et la tondeuse parce que c'est difficile de faire sans ... Le pétrole en Bretagne, on connaît surtout quand il est sur
les côtes et plus dans les cales du bateau où il devrait être ! , les marées vertes et l'eau pleine de nitrates on connaît aussi ...) plus de chimique au jardin depuis 12 ans au moins (à part
l'anti-limace et je me suis dépêchée d'acheter celui au ferramol efficace et pas dangereux pour les autres animaux) et je garde un coin sauvage (sale comme dit ma voisine !) avec orties , ronces
et autres plantes sauvages.
Sinon, avec pas mal d'arbustes à fleurs, dont plusieurs buddleias, cela m'amusait de photographier les papillons sans toujours les reconnaître.
Concrètement, que dois-tu faire et sur quelle durée ? Concrètement, il suffit de s'inscrire et de remplir chaque mois une grille de comptage en fonction des papillons que l'on voit et d'en indiquer la fréquence : tous
les jours, par semaine, moins ou plus. Je commence avec les 1ers papillons au printemps et je m'arrête quand il fait trop froid.
Qu'as-tu découvert sur eux ou même sur toi ? J'ai surtout découvert que je n'étais pas assez patiente pour devenir une vraie photographe de papillons... heureusement que mon appareil a un bon zoom ! Sinon,
cela m'a permis de reconnaître des papillons précis, en l'occurrence ceux que je vois très souvent, et de les repérer soit dans le pré, soit dans le jardin soit dans les deux, cela dépend
vraiment des espèces et des moments de la journée. Pour le reste je ne suis pas assez scientifique (et encore moins méthodique !) pour faire une analyse de mes trouvailles.
En deux ans, est-il déjà possible de faire un bilan ?
Pour le bilan, pas facile en 2 ans, surtout avec les 2 derniers étés pourris : l'absence ou la présence de certains papillons peuvent être dues au mauvais temps ou aux pesticides divers et variés
dans la campagne autour. A voir cet été, des fois qu'il ferait beau!
Penses-tu qu'une action individuelle peut vraiment améliorer l'environnement ? J'espère juste que si les jardiniers changent, avec la surface que cela représente, ça pourrait aider. Quand je rêve vraiment, je me dis que si les jardiniers
arrêtaient de donner plein de sous aux multinationales chimiques, ce serait déjà ça de gagné... mais là , c'est chimérique, rien qu'à entendre les commentaires de certains voisins sur mon jardin
avec ses mauvaises herbes et son fouillis !