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5 octobre 2009 1 05 /10 /octobre /2009 09:38
Chargée de mission pour une coalition d’associations de protection des requins, Nicole Aussedat (photo) a eu la chance de participer aux réunions préparatoires du Grenelle de la mer. Mais bien qu’elle ait parfaitement sa place sous les lambris dorés des ministères, Nicole a toujours préféré agir sur le terrain ou se lancer dans des aventures qui laissent pantois ceux qui l’écoutent.

Comment as-tu commencé à travailler dans l’environnement ?
J’ai découvert l’écologie quand j’étais étudiante et immédiatement, j’ai compris que c’était le domaine dans lequel je voulais travailler car j’avais un fort désir de donner un sens à ma vie pour qu’elle serve la beauté du monde. Après tout, nous sommes autant « nature » que « culture ». Être au contact de la nature me comble, personnellement. Je suis donc allée à la rencontre d’écologistes et j’ai intégré le groupe de pression Friends of the Earth à Londres où je m’étais inscrite en DEA. L’expérience a été très positive et, de retour en France, j’ai rencontré Brice Lalonde qui m’a intégrée dans son équipe de campagne aux élections de 1981.

Comment était l’ambiance ?
Fébrile, bien-sûr ! Tous les écologistes de France s’y croisaient, certains avec des approches très intellectuelles, d’autres quasi-anarchistes et d’autres enfin, plus orientés politique de terrain. Mais une équipe de campagne électorale ne dure que le temps de la campagne. L’aventure s’est terminée et j’ai intégré l’association les Amis de la Terre pour gérer les actions de l’association. C’était passionnant, même si à l’époque, je n’avais pas de quoi m’acheter un stylo bille à la fin du mois !
Et puis j’ai eu 30 ans. Et pour fêter ça, j’ai décidé de faire un tour du monde en bateau. J’ai embarqué sur la goélette « Patriach » et lorsque nous avons accosté à Saint Barth, je suis tombée amoureuse…de l’île ! J’y suis restée. J’ai très vite rencontré des gens d’une fondation américaine  de protection des fonds marins et je suis devenue leur consultante environnement pour l’île de Saint Barth.

En quoi consistait ton travail ?
J’ai été chargée de créer la réserve naturelle marine de l’île. J’ai donc fait se rencontrer des scientifiques, des hommes politiques, des pêcheurs, des plongeurs pour définir les conditions de sa création, puis j’ai proposé les statuts de la réserve qui ont été discutés, votés et sont finalement devenus des décrets. Pour parler de ce projet au grand public, j’ai fait de la radio, suis devenue journaliste et ai organisé la première réunion pour créer l’Association de protection de la nature de Saint-Barth à laquelle ont assisté… 2 personnes ! Mais elle s’est vite renforcée et l’important est d’avoir créé cette réserve et d’autres choses en faveur de l’environnement encore, notamment des opérations de préservation des biotopes de Saint Barth.
Et j’ai quitté l’île pour rentrer en France. Aujourd’hui, je suis coordinatrice française d’une coalition d’ONG européennes pour la protection des requins. Nous avons institué en octobre la semaine européenne des Requins. Cette année, la troisième édition se tiendra du 10 au 18 octobre dans les aquariums et les clubs de plongée de toute la France, et au –delà, d’Europe.

Et ta participation aux réunions préparatoires du Grenelle de la mer ?
J’ai participé aux discussions préalables entre les ONG et les pouvoirs publics. Les associations ont joué un rôle très structuré et ont permis de faire avancer les choses en parlant d’une seule voix. Le résultat est celui que l’on connaît, résumé dans le discours de Nicolas Sarkozy le 16 juillet, au Havre. Il doit maintenant être mis en pratique. Le 5 octobre auront lieu les assises de la pêche pendant un mois et demi. Les associations vont y participer. Il faut rappeler que 80 % des ressources en poisson sont soit exploitées au maximum, soit surexploitées. Mais la prise de conscience est faite. Il faut maintenant réussir à inscrire à la CITES, Convention internationale sur le commerce des espèces en danger, le thon rouge et certains requins, le taupe et l’aiguillat notamment. La France arrivera t-elle à faire passer cette décision internationale ? En ce qui concerne les requins taupes, le quota a été baissé de 25% en 2008, même si les scientifiques demandent un arrêt total. D’un autre côté, une licence de pêche a été délivrée pour capturer ces requins taupes alors qu’ils sont menacés d’extinction. J’espère que la prochaine semaine européenne des requins va faire évoluer les choses en faveur de leur préservation.

Ce blog s’appelle Bonnes Nouvelles Environnementales. As-tu une vraie bonne nouvelle, sûre à 100% à annoncer ?
Oui, même si elle est conceptuelle. Mais elle est d’importance : nous avons redécouvert au cours du Grenelle de la Mer organisé par le Ministère de l’Ecologie que la France est une nation maritime avec un territoire immense dans le monde entier. La France a redécouvert sa vocation maritime, s’est réapproprié la mer. D’ailleurs, le nouveau sigle du Ministère de l’écologie inclut la mer, c’est un signe. Je pense que cela se traduira de façon concrète. Ce sera un travail de fond, certes, mais c’est à nous de suivre le dossier.
 
(photo CVA)

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commentaires

Faaxaal 13/10/2009 09:00


Bonjour,

Un petit mot pour vous informer que je ferme progressivement ma communauté dont je n'ai pas vraiment le temps de m'occuper.

Je préfère m'occuper de mon nouveau blog FAAXAAL sur lequel je mets progressivement mes 25 Go de photos. Ces photos sont gratuites et libres de droits. Vous pourrez donc les utiliser pour vos blogs
et autres publications.

Vous pouvez vous aussi publier des photos sur FAAXAAL. Toutes les infos figurent sur la page d'accueil.

Je vous remercie d'avoir participé à la communauté "Nature, faune et flore".

Cordialement,

Kriss


taddei pierre 12/10/2009 23:07


J'ai connu Nicole à Grenoble pendant ses années étudiantes; Je voulais simplement lui témoigner mon admiration pour ce qu'elle fait et pour ce qu'elle est devenue. Avec une grande simplicité et
beaucoup de ténacité, elle a su entretenir sa passion pour l'écologie (et pour ses semblables) alors que beaucoup d'entre nous ont abandonné par manque de courage ou par lassitude tout combat.
Bravo et continue! même si l'on ne se voit pas, on t'aime encore
Pierre


CVA 13/10/2009 13:34


je lui transmets votre mail ! Heureuse coïncidence !


JR 06/10/2009 12:13


Quel parcours !! Cela donne envie.


siratus 05/10/2009 16:22


Merci pour l' interview de cette "aventurière".
A Saint Barth, j'irais bien tous les jours y plonger mes palmes !

Cette bonne nouvelle -la redécouverte de la vocation maritime de notre pays- est d'importance...je la partage et m'en réjouis !
Gros bisous