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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 10:53

100_3557.JPG(photo CVA)

Du 2au 30 mars, période où l’épandage de produits phytosanitaires reprend dans les champs, on célèbre la semaine aux alternatives aux pesticides. Produits issus des armes chimiques de la première et surtout de la seconde guerre mondiale, les pesticides peuvent engendrer des maladies graves, comme les tumeurs au cerveau(1) notamment chez les agriculteurs, mais pas seulement. En effet, on retrouve des pesticides dans l’air(2) jusque dans les villes aujourd’hui. Il y en a également dans l’eau : l’Institut français de l’environnement (IFEN) a trouvé des résidus de pesticides dans 91% des eaux superficielles (rivières), d’où l’on tire l’eau du robinet ou qui servent à irriguer les champs. La France est le troisième pays du monde plus grand utilisateur de pesticides et le premier en Europe. Où est la bonne nouvelle dans toutes ces informations désolantes ? En réalité, il y en a plusieurs :

Si la France est l’un des plus gros consommateurs de pesticides, cela veut dire que la marge de réduction de leur utilisation est donc très importante puisque les autres pays européens cultivent aussi et nourrissent leur population en ayant moins recours à ces produits chimiques. 

Selon l’agence BIO, 64% des Français ont consommé des produits biologiques en 2012 et ceux qui en consomment régulièrement (au moins une fois par mois) sont 43% (contre 40% en 2011). 8% des Français en consomment tous les jours et 15% toutes les semaines. Certaines grandes surfaces font du bio à moins de 1 €, le bio n'est donc pas toujours plus cher. Il faut chercher et comparer les prix.

Toujours selon l'Agence BIO, la production de produits biologiques a également bien augmenté en France en 2012, ce qui permet enfin de faire baisser la part des produits biologiques importés en dessous des 30% (autre bonne nouvelle pour la balance commerciale française qui en a besoin). 

 

Mais ce n’est pas tout. Il est possible d’accentuer la tendance vers moins de pesticides si l’on encourage les autres utilisateurs de pesticides que les agriculteurs à ne plus en utiliser : particuliers dans leur jardin, leur appartement ou pour leurs animaux domestiques, villes dans les jardins et cimetières, certaines entreprises ayant un domaine où les herbes poussent (comme les rails de la SNCF)… Le ministère de l'écologie fait une campagne de communication pour allerter sur les dangers des produits chimiques dans son jardin sur laquelle on voit un bébé déguisé en abeille assis dans l'herbe (voir ici).

 

Des villes se sont déjà débarrassées des pesticides dans leurs jardins publics en les remplaçant par la lutte biologique. Celle-ci consiste à utiliser des prédateurs naturels contre les pucerons ou champignons pouvant attaquer les plantes ou les arbres des jardins. La lutte biologique est très efficace, elle donne une nouvelle vision de leur travail aux jardiniers et l’ensemble de la population en tire bénéfice. Voir ici pour un exemple de ville.

Des entreprises d’eau minérale, notamment, ont entrepris des actions très importantes pour que leur ressource en eau ne soit plus contaminée par les pesticides des champs voisins.

Des parents et des communes ont changé les repas des cantines scolaires et municipales pour des repas biologiques (voir ici) et ont développé toute une économie locale avec des emplois créés.

 

La semaine pour les alternatives aux pesticides motive de plus en plus de participants, élus, particuliers, médecins, associations, agriculteurs, écoles… et même de pays. Ils étaient 21 pays d'Europe ou d'Afrique à participer l'année dernière. Rejoignons-les en inscrivant sur une carte notre maison, jardin, école, entreprise sans pesticide sur le site http://www.zones-sans-pesticides.org/

 

(1) Brain tumours and exposure to pesticides: a case–control study in southwestern France ‘Dorothee Provost, Anne Cantagrel, Pierre Lebailly, Anne Jaffre, Veronique Loyant, Hugues Loiseau,Anne Vital, Patrick Brochard, Isabelle Baldi. Occup Environ Med 2007;64:509–514

(2) Etude Airparif, 2007

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