Mardi 3 novembre 2009 2 03 /11 /2009 12:52
Dans notre monde où tout est monétarisé, estimer le prix des services fournis par la nature peut-être une bonne façon de pencher pour sa sauvegarde lorsque de nouveaux projets d’aménagement sont envisagés.
Même les plus petits services peuvent être calculés : dans les villages, combien coûte le désherbage des fossés et du bord des routes ? Un tracteur muni d’une tondeuse utilise du carburant, émet des émissions polluantes et nécessite l’emploi d’un conducteur. En Sologne, dans un village au sud d’Orléans, ce sont des moutons qui désherbent. Pour le berger, pas de frais de fourrage mais la même production de lait et de viande. Pour le village, pas de coût de désherbage. Par ailleurs, l’intervention des moutons ne pollue pas.
Autre exemple : la protection des nappes d’eau souterraines. Munich, dans les années soixante-dix, New York, plus récemment, et d’autres villes encore, ont préféré la présence de cultures bio au-dessus des zones de captage plutôt que d’investir dans des stations d’épuration. Eau de Paris, qui fournit l’eau du robinet aux Parisiens, laisse des terrains en friche pour éviter la contamination des nappes et évite ainsi des coûts de traitement supplémentaires. Mais l’organisme est toutefois obligé de communiquer auprès du grand public qui croit parfois que le terrain en friche est sale et trouve que cela fait « négligé » !
Lors d’une conférence-débat organisée par la Fondation Paul Ricard, la protection des sources minérales a été abordée pour expliquer l’enjeu économique fondamental pour les marques d’eau de protéger leur environnement sous peine de disparaître si leur produit n’était plus sain. C’est pourquoi certaines sociétés protègent les sols, les cours d’eau et la nappe en replantant une forêt au-dessus de leur domaine et en employant des chevaux ou des moyens très sophistiqués pour entretenir la forêt. De leur côté, ces forêts ont aussi l’avantage de réguler la restitution des eaux de pluie tout au long de l’année, d’absorber du CO2 et d’abriter des oiseaux, des mammifères, des amphibiens et des insectes. Les entreprises peuvent à juste titre s’enorgueillir de protéger la nature. Mais en réalité, ne serait-ce pas plutôt la nature qui protège les intérêts de ces sociétés ?
La nature nous apporte donc des bénéfices sonnants et trébuchants et de nombreux experts travaillent actuellement au chiffrage de ces services. Certains chiffres sont faciles à déterminer. Mais on imagine la complexité de la tâche quand une espèce rare dépend d’un biotope complet ou le contraire. Enfin, la notion de plaisir n’entre pas en considération alors qu’elle semble tout aussi importante à notre bien-être quand on y réfléchit. En effet, quel pourra être le dédommagement possible quand d’ici quelques années nous ne pourrons plus montrer à nos enfants des ours ou des renards polaires ?
(photo CVA)

Par CVA - Publié dans : économie
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