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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 15:37

AC---cochenille--4-.jpgLe 7 juin 2013, trois jardins de la ville de Troyes, en Champagne, ont reçu le label national Ecojardin. Valable 3 ans, ce label décerné par l’association Plante et Cité reconnaît que les espaces verts récompensés sont entretenus dans une démarche globale raisonnée, avec un objectif supplémentaire de sensibilisation envers le public.

Le label reconnaît une large palette de critères, comme la structure des sites, le sol, la gestion de l’eau, de la faune et de la flore, les équipements et matériaux, les matériels, les formations du personnel ou encore l’accueil et la sensibilisation du public. Concernant la faune, la ville a créé dans les trois jardins labellisés des zones refuge pour la biodiversité (prairies naturelles). Le désherbage y est également fait de façon mécanique avec une restitution des matières organiques dans les sols. 100% des déchets verts sont recyclés, notamment pour en faire un paillis de bois broyé et de produit de tontes qui protège naturellement le sol des variations de température (nuit/jour), de la perte d’humidité en été ou de la pousse de plantes invasives. Enfin, le label reconnaît la volonté d’un engagement continu dans la gestion écologique des jardins. C’est effectivement l’objectif poursuivi par la ville, qui souhaite labelliser tous ses jardins.

Un engagement écologique de plus longue durée

Mais l’action environnementale de la ville de Troyes ne s’arrête pas à ses jardins. En effet, depuis 2009, la municipalité s’attache à gérer naturellement l’ensemble de ses 120 hectares d’espaces paysagers et a développé des alternatives qui lui ont permis d’atteindre l’objectif de « zéro phytosanitaire ». Pour y parvenir, le service des espaces paysagers lutte contre les insectes ravageurs par la protection biologique intégrée. Cette méthode consiste à éliminer les nuisibles (pucerons, thrips, cochenilles, aleurodes…) en réalisant des lâchers d’insectes auxiliaires qui agissent de deux façons : soit en mangeant les nuisibles (spécialité des entomophages comme les coccinelles, véritables « ogres » à pucerons. En effet, les coccinelles adultes consomment environ 100 cochenilles/jour), soit en les parasitant, comme le fait l’hyménoptère qui pond ses larves dans le corps des nuisibles où elles se développent. Troyes compte près de 13 000 arbres en zone urbaine qui bénéficient de ces traitements écologiques ou encore de l’utilisation d’autres méthodes naturelles comme le savon noir et la pyréthrine, insecticide végétal. A noter, toutefois, la pyréthrine pouvant être nocive pour les animaux à sang froid comme les poissons, elle n’est pas utilisée dans les espaces proches du canal de la Haute-Seine. Des pulvérisations d’eau à haute pression (réalisées entre 6h et 8h du matin pour ne pas gêner la circulation) sont parfois utilisées pour compléter l’action des insectes auxiliaires. Enfin, pour la mineuse du marronnier, une larve de papillon qui pose également problème, des pièges à phéromones donnent de bons résultats, même en comptant jusqu’à 800 mineuses par arbre ! La protection biologique intégrée a permis très rapidement de ne plus utiliser de pesticides chimiques à Troyes.

Un inventaire de la biodiversité révélateur

Autre preuve de son engagement en faveur de la biodiversité, la ville a réalisé un inventaire global de la faune et de la flore locales qui a permis de confirmer la présence de faucons en ville et de redécouvrir une orchidée sauvage dans un de ses parcs. Cette espèce est réapparue en raison de la gestion raisonnée et différenciée des espaces verts. Par ailleurs, en 2012, la ville a adhéré à la fredonca, organisme de veille sanitaire du végétal pour anticiper les attaques parasitaires mais aussi pour empêcher la propagation des plantes invasives grâce à des relevés réguliers sur l’ensemble du département.

Des espaces verts interconnectés

Troyes possède des jardins publics depuis le 10è siècle. Il est donc de tradition dans cette ville d’en faire profiter le public. Une trame verte de 800 mètres connectée à la vélo-voie des lacs permet de relier espace urbain et espace rural. Le projet d’aménagement des quais de Seine a également prévu de redonner sa place à l’eau en ville et d’y réintroduire le végétal. Plus de 30 charmes ont ainsi été installés en bordure des quais en utilisant un procédé innovant permettant l’enracinement des arbres dans des cellules tout en supportant la charge de la voirie et de son trafic. Ce système permet l’absorption et le drainage des eaux de pluie grâce au sol non compacté dans la cellule. Afin d’associer les 63 000 habitants à ses projets environnementaux, la ville organise des animations pédagogiques autour du développement durable dans les écoles. Les enfants y apprennent notamment que pour chaque arbre abattu, il faut en planter deux ou que le bois utilisé doit être certifié en provenance de forêts gérées durablement. Les thèmes des déchets mais aussi des incivilités ont leur place dans ces animations pédagogiques.

Petite cerise sur le gâteau, la ville s’est aussi déclarée amie des chiens, avec un guichet du « Toutourisme » à l’office de tourisme proposant conseils et actions pour cohabiter en bonne intelligence avec nos compagnons à quatre pattes et ce, dans le respect de l’environnement, puisque les sacs à déjection disponibles pour les maîtres sont biodégradables et compostables !

photo : pose de larves de coccinelles. Crédit: Adrien Clergeot/Ville de Troye


 

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