portrait

Lundi 5 octobre 2009
Chargée de mission pour une coalition d’associations de protection des requins, Nicole Aussedat a eu la chance de participer aux réunions préparatoires du Grenelle de la mer. Mais bien qu’elle ait parfaitement sa place sous les lambris dorés des ministères, Nicole a toujours préféré agir sur le terrain ou se lancer dans des aventures qui laissent pantois ceux qui l’écoutent.

Comment as-tu commencé à travailler dans l’environnement ?
J’ai découvert l’écologie quand j’étais étudiante et immédiatement, j’ai compris que c’était le domaine dans lequel je voulais travailler car j’avais un fort désir de donner un sens à ma vie pour qu’elle serve la beauté du monde. Après tout, nous sommes autant « nature » que « culture ». Être au contact de la nature me comble, personnellement. Je suis donc allée à la rencontre d’écologistes et j’ai intégré le groupe de pression Friends of the Earth à Londres où je m’étais inscrite en DEA. L’expérience a été très positive et, de retour en France, j’ai rencontré Brice Lalonde qui m’a intégrée dans son équipe de campagne aux élections de 1981.

Comment était l’ambiance ?
Fébrile, bien-sûr ! Tous les écologistes de France s’y croisaient, certains avec des approches très intellectuelles, d’autres quasi-anarchistes et d’autres enfin, plus orientés politique de terrain. Mais une équipe de campagne électorale ne dure que le temps de la campagne. L’aventure s’est terminée et j’ai intégré l’association les Amis de la Terre pour gérer les actions de l’association. C’était passionnant, même si à l’époque, je n’avais pas de quoi m’acheter un stylo bille à la fin du mois !
Et puis j’ai eu 30 ans. Et pour fêter ça, j’ai décidé de faire un tour du monde en bateau. J’ai embarqué sur la goélette « Patriach » et lorsque nous avons accosté à Saint Barth, je suis tombée amoureuse…de l’île ! J’y suis restée. J’ai très vite rencontré des gens d’une fondation américaine  de protection des fonds marins et je suis devenue leur consultante environnement pour l’île de Saint Barth.

En quoi consistait ton travail ?
J’ai été chargée de créer la réserve naturelle marine de l’île. J’ai donc fait se rencontrer des scientifiques, des hommes politiques, des pêcheurs, des plongeurs pour définir les conditions de sa création, puis j’ai proposé les statuts de la réserve qui ont été discutés, votés et sont finalement devenus des décrets. Pour parler de ce projet au grand public, j’ai fait de la radio, suis devenue journaliste et ai organisé la première réunion pour créer l’Association de protection de la nature de Saint-Barth à laquelle ont assisté… 2 personnes ! Mais elle s’est vite renforcée et l’important est d’avoir créé cette réserve et d’autres choses en faveur de l’environnement encore, notamment des opérations de préservation des biotopes de Saint Barth.
Et j’ai quitté l’île pour rentrer en France. Aujourd’hui, je suis coordinatrice française d’une coalition d’ONG européennes pour la protection des requins. Nous avons institué en octobre la semaine européenne des Requins. Cette année, la troisième édition se tiendra du 10 au 18 octobre dans les aquariums et les clubs de plongée de toute la France, et au –delà, d’Europe.

Et ta participation aux réunions préparatoires du Grenelle de la mer ?
J’ai participé aux discussions préalables entre les ONG et les pouvoirs publics. Les associations ont joué un rôle très structuré et ont permis de faire avancer les choses en parlant d’une seule voix. Le résultat est celui que l’on connaît, résumé dans le discours de Nicolas Sarkozy le 16 juillet, au Havre. Il doit maintenant être mis en pratique. Le 5 octobre auront lieu les assises de la pêche pendant un mois et demi. Les associations vont y participer. Il faut rappeler que 80 % des ressources en poisson sont soit exploitées au maximum, soit surexploitées. Mais la prise de conscience est faite. Il faut maintenant réussir à inscrire à la CITES, Convention internationale sur le commerce des espèces en danger, le thon rouge et certains requins, le taupe et l’aiguillat notamment. La France arrivera t-elle à faire passer cette décision internationale ? En ce qui concerne les requins taupes, le quota a été baissé de 25% en 2008, même si les scientifiques demandent un arrêt total. D’un autre côté, une licence de pêche a été délivrée pour capturer ces requins taupes alors qu’ils sont menacés d’extinction. J’espère que la prochaine semaine européenne des requins va faire évoluer les choses en faveur de leur préservation.

Ce blog s’appelle Bonnes Nouvelles Environnementales. As-tu une vraie bonne nouvelle, sûre à 100% à annoncer ?
Oui, même si elle est conceptuelle. Mais elle est d’importance : nous avons redécouvert au cours du Grenelle de la Mer organisé par le Ministère de l’Ecologie que la France est une nation maritime avec un territoire immense dans le monde entier. La France a redécouvert sa vocation maritime, s’est réapproprié la mer. D’ailleurs, le nouveau sigle du Ministère de l’écologie inclut la mer, c’est un signe. Je pense que cela se traduira de façon concrète. Ce sera un travail de fond, certes, mais c’est à nous de suivre le dossier.
 
(photo CVA)
Par CVA
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Lundi 6 juillet 2009
Marc, entre l'écriture, la radio, les reportages pour la télévision... quel est ton métier ?

M.G. Je suis naturaliste de terrain. C’est ce qui me passionne depuis enfant et ce qui crée le lien entre mes différentes activités.

Comment as-tu réussi à faire d’une passion d’enfance un métier ?

M.G. Grâce au dessin. J’ai fait les Beaux Arts où j’ai appris à dessiner tout et n’importe quoi, notamment des nus et des statues grecques, puis je me suis spécialisé dans les dessins d’animaux. C’est comme cela qu’on a pu m’identifier, me mettre une étiquette « animalière » en quelque sorte, qui m’a ensuite ouvert les portes de la presse écrite, de la télévision puis de l’écriture.

Lorsqu’on part sur le terrain en France, est-il encore possible de se sentir perdu au cœur de la nature, loin de toute civilisation ?

M.G. C’est de moins en moins possible. Il y a en effet un bruit de fond venant des autoroutes et des routes qui quadrillent le pays de façon de plus en plus étroite et qui nous rappelle toujours l’avancée humaine et le manque d’espace pour les espèces sauvages. Pour les prises de son, c’est gênant. En dehors du bruit, ce quadrillage limite leur territoire et la possibilité d’aller se reproduire avec d’autres groupes d’animaux et d’éviter ainsi la consanguinité de l’espèce ou tout simplement la seule chance de pouvoir se reproduire.
Un autre phénomène, moins connu mais tout aussi perturbant, se passe avec le bétonnage des chemins pour en faire des voies vertes. Certes, c’est plus facile d’y circuler à pied, à vélo ou avec des poussettes d’enfant ou des chaises roulantes, mais je pense qu’il ne faut pas en mettre partout. Il faut aussi fiche la paix à la nature en laissant des chemins de sable ou de terre, lieu où de nombreux insectes nichent. Je pense par exemple à l’abeille solitaire, qui fait des petits trous dans le sol pour pondre ou se cacher. Si on bétonne tous les chemins…

Ce blog s’appelle pourtant Bonnes Nouvelles environnementales. Je pense que c’est le moment de nous en donner pour montrer que des initiatives positives existent aussi et qu’elles portent leurs fruits !

M.G. J’en ai plusieurs, heureusement. Tout d’abord, un amendement qui a été voté le 24 avril de cette année par le Parlement européen qui autorise à nouveau les abattoirs en Espagne à laisser les carcasses des animaux tués dans des dépotoirs à l’air libre pour que les vautours s’en nourrissent. Les vautours ne peuvent pas chasser car ils ne sont pas faits pour cela (pas trop de « poigne » dans les serres, bec qui n’est pas fait pour tuer, faible force musculaire). Or, depuis l’interdiction de déposer les carcasses après l’épisode de la vache folle, ils ne trouvaient plus à se nourrir.
La deuxième concerne la naissance de deux oursons dans les Pyrénées. J’ai aussi une anecdote amusante : un ami entomologiste a découvert une nouvelle espèce de criquet dans son… jardin ! Cela prouve au moins que les chercheurs sur le terrain découvrent encore des espèces et je pense qu’il y en aura d’autres. Il faut donc continuer à relayer ces informations comme tu le fais.
(photo Marc Giraud, libre de droits)
Par Main verte
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Lundi 15 juin 2009
En illustration de l'article précédent,
Kristin, volontaire participant à l'opération de comptage des papillons dans son jardin en Bretagne, explique comment elle s'y prend.


Comment as-tu appris que l'opération de comptage des papillons existait ?
J'ai découvert Noé Conservation et le comptage des papillons il y a deux ans avec Caro qui le fait depuis plus longtemps que moi.

Etais-tu particulièrement sensibilisée aux problèmes environnementaux ou était-ce par attrait personnel envers les papillons ? 
J'essayais déjà de faire attention à l'environnement (sauf pour la voiture et la tondeuse parce que c'est difficile de faire sans ... Le pétrole en Bretagne, on connaît surtout quand il est sur les côtes et plus dans les cales du bateau où il devrait être ! , les marées vertes et l'eau pleine de nitrates on connaît aussi ...) plus de chimique au jardin depuis 12 ans au moins (à part l'anti-limace et je me suis dépêchée d'acheter celui au ferramol efficace et pas dangereux pour les autres animaux) et je garde un coin sauvage (sale comme dit ma voisine !) avec orties , ronces et autres plantes sauvages.
Sinon, avec pas mal d'arbustes à fleurs, dont plusieurs buddleias, cela m'amusait de photographier les papillons sans toujours les reconnaître.

Concrètement, que dois-tu faire et sur quelle durée ?
Concrètement, il suffit de s'inscrire et de remplir chaque mois une grille de comptage en fonction des papillons que l'on voit et d'en indiquer la fréquence : tous les jours, par semaine, moins ou plus. Je commence avec les 1ers papillons au printemps et je m'arrête quand il fait trop froid.

Qu'as-tu découvert sur eux ou même sur toi ?
J'ai surtout découvert que je n'étais pas assez patiente pour devenir une vraie photographe de papillons... heureusement que mon appareil a un bon zoom ! Sinon, cela m'a permis de reconnaître des papillons précis, en l'occurrence ceux que je vois très souvent, et de les repérer soit dans le pré, soit dans le jardin soit dans les deux, cela dépend vraiment des espèces et des moments de la journée. Pour le reste je ne suis pas assez scientifique (et encore moins méthodique !) pour faire une analyse de mes trouvailles.

En deux ans, est-il déjà possible de faire un bilan ?
Pour le bilan, pas facile en 2 ans, surtout avec les 2 derniers étés pourris : l'absence ou la présence de certains papillons peuvent être dues au mauvais temps ou aux pesticides divers et variés dans la campagne autour. A voir cet été, des fois qu'il ferait beau!

Penses-tu qu'une action individuelle peut vraiment améliorer l'environnement ?
J'espère juste que si les jardiniers changent, avec la surface que cela représente, ça pourrait aider. Quand je rêve vraiment, je me dis que si les jardiniers arrêtaient de donner plein de sous aux multinationales chimiques, ce serait déjà ça de gagné... mais là , c'est chimérique, rien qu'à entendre les commentaires de certains voisins sur mon jardin avec ses mauvaises herbes et son fouillis !
Par Main verte
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