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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 11:39

PICT0145.jpgLe 19 mai dernier, Nathalie Kosciusko Morizet, ministre de l’écologie, a présenté la nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) destinée à enrayer la perte des espèces en France, dans les territoires d’Outre Mer et partout où la France intervient.

Le document présenté vise à intégrer la biodiversité dans toutes les politiques de l’Etat et propose des actions concrètes pour retrouver entre autres les continuités écologiques permettant aux espèces de circuler pour se reproduire. 6 grandes orientations stratégiques et 20 objectifs ont été définis, devant permettre de maîtriser les pressions sur la biodiversité mais aussi d’inclure la biodiversité dans les décisions économiques. En effet, la biodiversité apporte à l’homme de grands services :

 

-  la production d’aliments, de matériaux de construction, de fibres textiles, de médicaments,

-    la régulation du climat (le sol absorbe le CO2), la qualité de l’eau par l’épuration naturelle de la part des végétaux, la production d’oxygène, la stabilité des sols en limitant l’érosion,

-       un espace de vie pour la récréation, le repos, l’équilibre spirituel,

-       la biodiversité peut également être considérée comme un patrimoine propre à chaque région ou chaque pays, avec ses particularités qui en font tout l’intérêt.

-       Enfin, parce que les autres espèces naturelles en dehors de l’humain ont aussi le droit d’exister, avec ou sans utilité concrète et immédiate pour l’homme (en réalité, les espèces jouent toutes un rôle important dans l’équilibre des écosystèmes, même si nous ne les avons pas encore découvertes ou comprises).

 

Par rapport à la première SNB de 2004, qui avait défini des objectifs précis mais n’avait pas été suivie par le reste de la société, la nouvelle SNB mise sur l’implication de tous au niveau national et régional. La version 2010-2011 met en particulier l’accent sur la prise de conscience par le public, les élus et les décideurs économiques de l’importance pour l’homme du maintien d’une biodiversité riche et adaptable.

 

Le texte a, dans l’ensemble, été salué positivement par les associations de protection de l’environnement. Celles-ci déplorent toutefois le manque de moyens financiers de la part de l’Etat pour engager des actions d’envergure et les conséquences défavorables à la biodiversité de certaines politiques des autres ministères. La ministre a annoncé de son côté la mise en place d’une cartographie nationale des habitats naturels et semi-naturels à l'échelle du 1/25000 d’ici à 2018 et le lancement d’appels à projets, en plus de sa ferme volonté d’intégrer la biodiversité dans les autres politiques du pays. Elle compte également sur les engagements des autres acteurs de la société, notamment les entreprises privées qui devraient, selon elle, s’engager dans des actions de mécénat incluant des projets de biodiversité.

 168 acteurs publics et privés ont déjà adhéré à la SNB et se sont engagés à mettre en place des actions concrètes dans les mois à venir. Des indicateurs de suivi de l’état de la biodiversité et un comité de suivi de la SNB permettront d’en mesurer les effets. 

(photo CVA) : la biodiversité comprend les plantes et les animaux mais aussi les micro-organismes terrestres et marins.

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30 mai 2011 1 30 /05 /mai /2011 09:10

08140012.jpgC'est le "RegSprecher" (porte-parole du gouvernement) qui l'a annoncé par Tweet ce matin vers 7h00 : "le gouvernement allemand s'est mis d'accord sur l'arrêt du nucléaire d'ici à 2022".

C'est la catastrophe de Fukushima et ses conséquences humaines, économiques et environnementales qui a décidé le gouvernement allemand à prendre cette décision. La date de 2022 correspond au temps qu'il faudra à l'Allemagne pour développer les capacités des autres énergies, avec l'accroissement des énergies renouvelables non polluantes, essentiellement.

L'Allemagne, qui compte une population plus importante que la France et un développement économique plus fort, avait déjà misé depuis longtemps sur les énergies renouvelables (solaire et éolien, notamment). Elle montre aujourd'hui qu'il est possible de changer d'énergie tout en restant un des pays du monde les plus dynamiques et donne surtout le sentiment que les responsables politiques prennent vraiment en compte l'opinion de ses citoyens, en majorité contre l'énergie nucléaire, ainsi que leur sécurité et celle de ses voisins européens.

Le développement des énergies renouvelables va sans doute créer un rebond de création d'emplois locaux dans les dix prochaines années. La reprise économique a déjà permis cette année de remonter les salaires des employés, tenant ainsi la promesse faite en pleine crise, lorsque les entreprises avaient demandé aux employés d'accepter des baisses momentanées de salaire.

 

(photo CVA)


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23 mai 2011 1 23 /05 /mai /2011 09:20

P1000162.JPGChef de projet sport et développement durable au ministère des sports, Arnaud Jean a coordonné la stratégie nationale de développement durable du sport (SNDDS). Il répond sans ambages à Bonnes Nouvelles Environnementales sur les enjeux et les défis réels de cette nouvelle stratégie.

 

Bonnes Nouvelles Environnementales : Le ministère des sports vient de présenter sa SNDDS. Comment a t-elle été construite ? 

Arnaud Jean : C'est le 20 mai 2010 que le ministère a lancé cette grande consultation, souhaitant respecter un des principes du développement durable : la participation. En 2010, les premières Assises nationales du sport et du développement durable amorçaient donc un processus de 7 mois de concertation. Au fil des Assises territoriales, organisées avec le Comité National Olympique et Sportif Français, de nombreux acteurs, experts et sportifs de haut niveau, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME) et le Centre national pour le développement du sport (CNDS) ont fait connaître leurs préconisations à travers les 9 défis proposés dans la Stratégie Nationale de Développement Durable (SNDD). Au-delà de ces Assises territoriales, une consultation des sportifs de haut niveau, d'experts et d'associations nationales a été engagée. Ce sont près de 2000 contributeurs qui nous ont fait parvenir leurs propositions.

 

BNE : Après l'agenda 21 du sport français en 2003 et la charte du sport pour le développement durable en 2008, qu'apporte de plus la SNDDS ?

A.J. : Elle est le fruit d'une large consultation et tend à être très consensuelle, sans gommer les difficultés, et très opérationnelle car formulée par les acteurs du sport dans leur diversité la plus large. Elle possède une grande cohérence au regard de la stratégie nationale de développement durable, qu'elle soit celle de la France ou celle de l'Europe. Elle s'appuie sur de vrais constats, affiche des ambitions basées sur des indicateurs et est soumise à des moyens. Les premiers effets suite à la présentation le 3 mai dernier semblent confirmer cette opérationnalité puisque déjà 7 organismes nationaux souhaitent conventionner avec le ministère pour une mise en oeuvre de cette SNDDS.

 

BNE : Un des défis à relever concerne le transport et la mobilité durable. Concrètement, comment les clubs ou les organisateurs d'événements sportifs vont-ils faire pour diminuer les émissions de CO2, notamment pour les déplacements du public ?

 A.J. : C'est effectivement une priorité importante de la SNDDS. Les activités sportives, notamment compétitives, génèrent des millions de kilomètres pour se rendre sur des rencontres, à des entraînements, à des stages, etc. De nombreuses fédérations ont ausculté leurs activités, notamment au regard des émissions de Gaz à Effet de Serre (GES). Les pistes de réduction sont réelles sans d'ailleurs entamer le volume d'activités :

- Lancement de campagnes de sensibilisation à l'utilisation des modes de transport doux, des transports en commun et du covoiturage,

- Optimisation des déplacements en repensant les pôles géographiques de championnats et en situant mieux les événements nationaux au regard des pratiquants,

- Intégration de la question des transports dans les cahiers des charges des grandes manifestations,

- Modulation des remboursements des frais de déplacement en fonction du mode de transport utilisé...

Les leviers sont donc très nombreux, en lien notamment avec les collectivités. Le ministère a créé un club carbone des fédérations pour mutualiser les expériences et qui regroupe plus de 40 fédérations, ce qui démontre la forte mobilisation.

 

BNE : Un autre défi concerne les équipements. Comment sera-t-il organisé ? Le sport de haut niveau sera-t-il pénalisé ?

A.J. : Il y a tout d'abord une certaine méfiance des collectivités qui voient à travers les exigences fédérales une surenchère de coûts pour elles qui financent ces équipements. La France compte plus de 260 000 équipements sportifs dont la moitié a déjà plus de 24 ans. Le défi de leur rénovation, modernisation et mise en accessibilité, devient un enjeu majeur d'une politique de développement durable dans le sport, tant du point de vue environnemental que de celui des bénéfices sociaux et économiques à en attendre. Cette question ne peut pas être dissociée de celle des constructions à venir et, ensemble, elles constituent l'une des priorités stratégiques autour du développement durable. Cette priorité doit être pilotée en parfaite coopération avec les collectivités territoriales et le mouvement sportif, car elle nécessite un diagnostic territorial approfondi, partagé et une volonté concertée d'assurer une amélioration significative de la qualité environnementale des infrastructures, y compris durant leur utilisation. Il n'y a pas opposition entre rénovation et construction, il doit y avoir cohérence, dans le cadre d'une stratégie innovante partagée, dans le respect des publics fragilisés les plus éloignés des pratiques sportives. En 2011, dans le cadre de la SNDDS,  le ministère des sports s'engage sur deux chantiers structurants :

 - Une analyse relative à la performance énergétique du parc des équipements sportifs. Le ministère dispose d'un outil de recensement des équipements sportifs (RES) qui va être amélioré et intègrera des éléments sur l'efficacité environnementale et les performances énergétiques des bâtiments, pour construire une typologie du bâti et les leviers d'actions qui en découlent.

- Un accompagnement des projets de construction, par la réalisation d'un guide d'application de la norme Haute Qualité Environnementale.

L'équilibre peut effectivement être difficile à trouver en matière d'exigences fédérales pour accueillir des équipements permettant de répondre aux exigences du sport de haut niveau mais la raison doit aussi s'imposer. 

 

BNE : La stratégie comporte un volet social important, notamment la lutte contre les inégalités et l'aide au développement. Mais n'y-a-t-il pas opposition entre ces objectifs et certains salaires mirobolants de joueurs professionnels ?  

A.J. : Les sportifs de haut niveau ont directement témoigné sur ce point lors de la consultation nationale. Sportif de haut niveau ne veut pas toujours dire salaires mirobolants, loin de là, néanmoins certains dérives du sport de haut niveau, tant du point de vue social, que celui de la santé par exemple, semblent parfois être diamétralement opposées à la notion de durable, nous disent ces mêmes sportifs de haut niveau. Ils sont parfois écartelés entre leur prise de conscience individuelle, les résultats attendus et la pression de leurs sponsors.

En dehors de ces considérations, la pratique de sports à tous les niveaux amène à considérer l'aspect social et de développement là où on les pratique, au plan national comme à l'international. La SNDDS s'y attache de façon logique.

 

BNE : Cette stratégie est ambitieuse et a suscité de nombreuses adhésions. Comment allez-vous mesurer les effets de la SNDDS ?

A.J. : Un comité de pilotage va se constituer, composé uniquement des acteurs qui s'engagent à mettre en oeuvre cette stratégie. Actuellement une phase de conventionnement est en cours avec pour objectif d'afficher, acteur par acteur, des objectifs chiffrés qui seront suivis et évalués chaque année.


BNE : Certains sujets dépassent le monde du sport. Je pense notamment à la qualité de l'air qui est importante pour tous, mais pour les coureurs en particulier. La stratégie est-elle (ou sera-t-elle) un moyen de travailler avec d'autres secteurs et d'autres institutions ?

A.J. : La transversalité est essentielle. Les acteurs du sport doivent s'ouvrir à tous les autres champs de la société. Les organisateurs doivent se rapprocher des acteurs environnementaux au regard des enjeux de biodiversité par exemple, mais aussi avec d'autres ministères. Les professionnels de l'éducation doivent accompagner les projets sportifs sur les volets sensibilisation et formation. Les dirigeants doivent s'impliquer dans les processus locaux de concertation tels les agendas 21 locaux. Toutes les passerelles doivent être envisagés pour une efficience maximale d'une action globale.

 

BNE : Personnellement, que représente la SNDDS ?

A.J. : Beaucoup de travail (rires). Non, plus sérieusement, c'est le bel aboutissement d'un processus long et exigeant de concertation... mais qui paie en matière de partage et d'adhésion.

 

BNE : La règle sur bonnes nouvelles environnementales est de donner au moins une bonne nouvelle. En avez-vous ?

A.J. : Le ministère des sports va installer sur son toit un refuge LPO qui va permettre, en concertation avec d'autres bâtiments du quartier, de proposer un hébergement à des espèces d'oiseaux, pour reconquérir une biodiversité en ville.  

arnaud.jean@jeunesse-sports.gouv.fr 

(photo CVA)

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 07:38

100_1411.jpgC'est déjà la 5è édition de la Fête de la Nature et son succès est toujours plus grand. Avec l'année 2010 consacrée à la biodiversité, la Fête de la nature 2011 devrait susciter encore plus d'intérêt. En effet, 80% de la population française vit dans les villes. Il est donc important de renouer régulièrement avec la nature pour mieux la connaître et mieux la protéger. Les ateliers et sorties de la Fête de la Nature permettent de la découvrir gratuitement avec les explications de spécialistes.

Cette année 5000 événements sont organisés dans toutes les régions de France autour du thème "l'insolite à votre porte". En effet, la nature existe et s'immisce en ville. Paris, l'une des capitales d'Europe les plus denses, compte par exemple 122 espèces d'oiseaux ! Mais on y voit aussi des lézards, des crapauds, des abeilles, des lapins notamment sur un rond-point au bout d'une avenue partant de l'Arc de Triomphe.

Dans les régions et dans le cadre de la Fête, on peut assister à la ponte de tortues Luth sur une plage guyanaise, recueillir des oeufs de raies ramenés par la mer sur une plage du Pas de Calais, précieuse preuve de leur existence (l'espèce est menacée). En Dordogne, le public peut partir à la découverte des orchidées sauvages.

Bref, de quoi faire de belles découvertes. La nature est source de plaisir, d'intérêt, de curiosité. Mieux connue et appréciée, elle sera également mieux protégée. N'oublions pas, c'est elle qui nous a fait naître, nous nourrit et nous soigne. En la protégeant, c'est nous que nous protégeons.

les événements, c'est ici.

(photo CVA)

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 16:16

P1000147-copie-1.JPGLe 3 mai dernier, la ministre des sports, Chantal Jouanno, a présenté la Stratégie nationale de développement durable du Sport (SNDDS). Cette stratégie a pour objectif de limiter les impacts sur l’environnement des activités sportives de façon directe mais aussi indirecte, comme le transport, la fabrication d’articles de sport ou la construction de structures sportives. Elle comporte également un volet social fort.

 

Des solutions existent pour faire du sport une activité durable et la stratégie propose de relever 9 défis en utilisant 234 leviers d’action. Parmi ces défis, on peut citer la consommation et la production durables, la lutte contre le changement climatique et l’accroissement de la part des énergies renouvelables ou la conservation et la gestion durable de la biodiversité et des ressources naturelles. La stratégie souhaite également relever des défis d’ordre social, en favorisant notamment l’intégration des populations migrantes et la lutte contre la pauvreté à l’échelle nationale et internationale. Elle souhaite l’implication de tous : ministère des sports, fédérations, comités et clubs, organisateurs privés, annonceurs, agences de conseils, bénévoles, pratiquants et non pratiquants…


Plus concrètement, ces défis permettront de proposer des équipements sportifs plus écologiques issus de l’éco-conception, dotés d’une étiquette énergie et recyclés en fin de vie, comme les 12 millions de balles de tennis depuis 2008. Les bâtiments sportifs seront progressivement dotés d’installations énergétiques renouvelables (panneaux solaires, par exemple), de récupérateurs d’eau de pluie ou directement éco-conçus pour les bâtiments neufs. Les déplacements des sportifs, de l’encadrement, des spectateurs des 2,5 millions d’événements sportifs annuels en France et des stages préparatoires devront s’effectuer en privilégiant le transport doux, de façon rationalisée pour répondre à l’augmentation des prix de l’énergie, diminuer les émissions de CO2, mais aussi pour améliorer la santé et la qualité de vie de tous. Côté social, la stratégie souhaite intégrer plus de personnes en situation de handicap, promouvoir la solidarité et l’égalité homme/femme mais aussi la solidarité entre les 34 millions de pratiquants en France avec le reste de la société. « Le modèle économique et social dans lequel nous vivons est daté. Ce système rend les gens malheureux et confond besoins et envies. » a indiqué la ministre. Ceci est également vrai à l’international, où l’objectif de la stratégie est que le sport français soit porteur de paix et un vecteur d’éducation, de santé et de développement.


Visiblement, les défis à relever n’ont pas fait peur au monde sportif. En effet, la stratégie avait d’ores et déjà reçu le soutien et l’engagement de plus de 240 acteurs (personnes physiques et organismes, collectivités ou entreprises) le jour de son lancement. Chantal Jouanno, elle-même sportive de haut niveau, a précisé que  « la stratégie n’est pas une contrainte mais un changement, une co-construction. Et le sport est un des espaces où l’on a le plus d’atouts pour relever les défis du XXIè siècle ».

(photo CVA)

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 15:24

P1000168_2.JPGPeu connus du grand public, les Etablissements Publics Fonciers (EPF) interviennent dans le réaménagement de terrains industriels ou de zones en friche. Ces actions aboutissent parfois à la réhabilitation en zones naturelles d’espaces parfois surprenants, dont l’utilisation était loin d’être écologique à l’origine. Le directeur général de l’EPF Nord-Pas de Calais, Marc Kaszynski, présente sur Bonnes Nouvelles Environnementales quelques projets particulièrement réussis.

 

Bonnes Nouvelles Environnementales : Quelle est la fonction d’un établissement public foncier  (EPF)?

 

Marc Kaszynski : un EPF est un opérateur public de l’Etat au service des collectivités territoriales d’une région, « recycleur » de foncier, c’est-à-dire de terrains ou de sites mais aussi de biens immobiliers. Il prend en charge une partie du coût d’achat et de remise en état des sites pour développer l’offre de logement social d’une commune ou encore accompagner des projets économiques d’intérêt régional, voire national. Attention : notez bien que notre mode d’intervention reste le portage foncier. Nous ne conservons pas les terrains acquis à la demande de la collectivité !

 

BNE : L’établissement peut-il également intervenir dans la protection de l’environnement ? Depuis combien de temps ?

 

M. K. : Oui. Spécifiquement dans le Nord-Pas de Calais, l’EPF a été créé pour requalifier les friches industrielles. On peut donc considérer que la fonction économico-environnementale était présente à sa création. Elle s’est développée ensuite par la création en 1996 du pôle de compétence des sites et sols pollués qui a permis à l’EPF de développer de l’expertise juridique, foncière et technique dans ce domaine.

Ces dernières années, dans le cadre de l’avenant pour 2011-2014 au programme pluriannuel d’intervention 2007-2013, l’EPF a vu s’accroître la protection des ressources naturelles à la suite des lois Grenelle I et II qui demandent de gérer le foncier de façon économe, notamment en ville avec le principe de « ville intense », mais aussi de préserver les terres agricoles et de diminuer l’artificialisation des surfaces. Les EPF doivent aussi veiller à préserver la biodiversité. Une de leurs missions est de développer les trames vertes et bleues.

 

BNE : Concernant la biodiversité, pensez-vous qu’elle pourra se cantonner aux trames vertes et bleues ?

 

M.K. : Le mot « cantonner » ne me convient pas bien. On pourrait imaginer qu’une partie importante des efforts de protection, restauration, développement de la biodiversité puissent prendre appui sur les démarches de la trame verte et bleue. Celle-ci nécessite pour être spatialisée, une définition des modalités de contrôle des fonciers, supports permettant de garantir la durabilité des investissements. A l’EPF Nord – Pas de Calais et à partir de notre expérience de recycleur de fonciers dégradés en site urbain, nous sommes plus particulièrement intéressés par la problématique de la reconstruction d’une biodiversité «ordinaire», c’est-à-dire les espèces communes, en tissu urbain, complémentaire des sanctuaires et cœurs de nature et plutôt sous la forme de continuité de corridors à mettre en place à l’occasion des opérations de renouvellement urbain.

 

BNE : Quelle est la part environnementale dans les réalisations de l'établissement ?

 

M.K. : Au regard de la structure du budget pluriannuel d’intervention, à savoir :

50   % pour le foncier du logement locatif social,

30 % pour le renouvellement urbain,

10 % pour les projets économiques,

10 % pour l’environnement,

on peut considérer que 40 % de ses ressources sont affectés à des objets environnementaux mais, de fait beaucoup plus, puisque par exemple une partie importante des opérations pour le logement locatif social se fait dans le cadre d’opérations de recyclage foncier voire de traitement d’amiante et de sols pollués.

 

BNE : Quels sont les projets qui vous semblent les plus réussis ?

 

M.K. : En 20 ans d’existence de l’EPF Nord-Pas de Calais, c’est peut-être le formidable travail qui a été mené sur les terrils du Nord-Pas de Calais, aujourd’hui sites naturalistes ou sportifs classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco. Mais il y a aussi la reconversion des friches industrielles dans les villes, dont personne ne voulait car elles étaient polluées. Grâce à la collaboration de tous, à la mise en commun de compétences multiples et diverses, nous avons trouvé des moyens de sortir par le haut de situations presque ingérables. Ces sites sont à nouveau des lieux de nature et d’histoire, avec une portée sociale importante.

 

BNE : justement, quelles ont été les retombées sociales et économiques de ces réaménagements ?

 

M.K. : L’EPF est identifié depuis maintenant de nombreuses années tant par les collectivités territoriales que par les acteurs économiques et les associations, comme un opérateur important de transformation des handicaps auxquels cette région est confrontée depuis sa crise de restructuration économique. Le réaménagement de friches en centre-ville, par exemple, a permis de recréer un environnement attractif pour les habitants, mais aussi d’attirer de nouvelles entreprises, donc des emplois. Le développement se fait sur un territoire durable.

 

BNE : La règle sur Bonnes Nouvelles Environnementales est de donner au moins une bonne nouvelle. Vous en avez cité plusieurs, en avez-vous concernant l’avenir proche ?

 

M.K. : Oui, vous remarquerez dans notre avenant 2011-2014, que le conseil d'administration a adopté ce programme en doublant à l'unanimité les moyens financiers de l'EPF, nous permettant ainsi de poursuivre le développement de nos activités et d'embaucher des compétences nouvelles au service de ces projets d'intérêt général, ce qui dans ce climat de morosité des moyens publics est réjouissant !

 

(photo CVA)

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16 février 2011 3 16 /02 /février /2011 11:43

P1000021.JPGComment sortir une ville touchée de plein fouet par le déclin économique, redonner espoir à la population et l’impliquer dans la mise en place d’un nouveau mode de vie au point d’en faire une ville pilote et un pôle de compétitivité ?

 

La ville de Loos a connu plus de 100 ans d’exploitation du charbon. Le déclin progressif des mines puis l’arrêt définitif du dernier puits en 1986 laissent une commune morcelée, un tissu social détruit et un environnement pollué.

 

Plutôt que de chercher à attirer de nouvelles industries, la municipalité décide de se tourner vers un modèle économique durable, basé sur 3 axes et qui :

-       parte des besoins de la population et de la ville (démocratie participative),

-       pense et mène les politiques publiques de façon transversale (économique, sociale et environnementale),

-       en prenant en compte le long terme et le principe de réversibilité.

 

Le premier défi consiste à redonner aux habitants leur appartenance à la commune et l’envie d’entreprendre. En effet, depuis plus d’un siècle, en travaillant pour la mine, les mineurs s’installaient dans une maison de la cité minière proche d’une des sept fosses et bénéficiaient d’un système médical minier. Vivant en quasi-autarcie dans leur cité, les familles finissaient par ressentir moins d’appartenance à la commune et perdaient peu à peu leur esprit d’initiative. La révision du Plan d’Occupation des Sols en 1990 est l’occasion d’initier un dialogue avec les habitants et de prendre en compte leurs besoins. En intégrant la vision économique (pas de voiture pour les habitants les plus démunis) et environnementale (les nappes phréatiques étaient polluées, il ne fallait plus artificialiser les sols pour laisser l'eau de pluie s’infiltrer), la démarche aboutit notamment à un chemin piétonnier autour et au travers de la ville permettant de joindre les écoles, le centre-ville et les différents quartiers de la commune à pied ou à vélo. Ce sentier en végécole (enrobé d’origine végétale) ou en sable devient vite un lieu de rencontre et le lieu de passage d’animaux, notamment d’hirondelles qui feront l’objet d’un recensement ultérieur par la population.

En dehors de la démocratie participative, la ville s’attache à expliquer et à interpréter à l’aide d’indicateurs ou de panneaux d’information les actions pour rendre visible les concepts du développement durable. L’objectif est aussi de faire comprendre que la commune s’inscrit dans un ensemble global. Ceci permet alors d’engager des actions nouvelles, avec par exemple un programme d’économie d’énergie (changement climatique mais aussi pouvoir d’achat de la population) ou le recours à des matériaux durables (bois FSC, plastique recyclé) et à des critères éthiques dans les marchés municipaux.

P1000026.JPGEn 2000, une charte du cadre de vie voit le jour, instituant la systématisation de l’écoconstruction des bâtiments publics, des logements sociaux ou des bâtiments industriels, la mise en place de dispositifs de récupération et de réutilisation des eaux pluviales. Elle voit aussi la création d’une ceinture verte gagnée en partie sur les friches industrielles. Une prairie dédiée à la biodiversité est plantée devant la mairie, les deux derniers terrils, conservés comme mémoire de l’histoire de la ville, deviennent une réserve naturelle.

De nombreuses autres actions ont été engagées, notamment auprès des jeunes et en matières culturelle, sportive et de santé. Les énergies renouvelables ont fait leur entrée dans la commune et la gestion des espaces verts à « zéro phyto » est en cours depuis 2005.

 

Le succès des premières initiatives a entraîné dès 2001 par l'actuel maire de la commune, Jean-François Caron, la généralisation de ces pratiques durables à l’ensemble de la politique municipale. La réussite des actions est d’autant plus forte que les habitants ont développé une expertise dans la gestion des réalisations communes, utile aux objectifs suivants.

Loos-en-Gohelle est devenue une ville pilote en développement durable, dont la réussite est analysée par des universitaires d’autres pays, et la réélection à 82,1% du maire en 2008 montre aux observateurs extérieurs qu’il est possible d’emporter l’adhésion de la population sur des projets différents du modèle capitaliste classique.

 

Aujourd’hui, la ville s’attache à transférer ses bonnes pratiques et à les généraliser pour qu’elles puissent être reprises ailleurs. La difficulté consiste notamment à créer des indicateurs évaluant la qualité de la vie, le lien social, le bien-vivre. Des entreprises, universités et écoles viennent s’installer dans la commune. Un écopôle de formation devrait prochainement voir le jour dans cette ville qui a cette fois-ci misé sur un avenir choisi.

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1 février 2011 2 01 /02 /février /2011 18:57

  100_1414.jpgEn France, comme dans la quasi-totalité des pays, la biodiversité diminue. Pour contrer cette tendance et respecter les engagements internationaux qu’elle a signés (l’obligeant notamment à protéger les espèces et les milieux naturels), la France revoit sa Stratégie nationale pour la biodiversité (snb).

 

Un collège d’une centaine d’experts et de représentants de la société civile, des entreprises, des collectivités, des syndicats, de l’Outre-mer, des exploitants forestiers, de la recherche, de l’Education Nationale… étudie actuellement les moyens permettant de sauvegarder ce patrimoine naturel.

 

La nouvelle stratégie sera rendue publique en mai 2011 et proposera de nombreuses actions, qui sont parfois déjà mises en oeuvres en région ou dans une branche d'activité particulière et méritent d'être généralisées, ou de nouvelles actions à mettre en place aussi bien par l'Etat, les particuliers, les associations que les collectivités locales. Une consultation publique est prévue au printemps, permettant à tout un chacun de s’exprimer ou de proposer des idées en faveur de la biodiversité.

 

(photo CVA)

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12 janvier 2011 3 12 /01 /janvier /2011 08:49

100_3358.JPGA la suite de la naissance de raies en captivité à l'Aquarium tropical de la Porte Dorée, à Paris (lien), Michel Hignette, Directeur de l'Aquarium, nous explique les enjeux de la conservation d'espèces en captivité.

 

Bonnesnouvellesenvironnementales : La naissance d'animaux en captivité est toujours un espoir pour l'avenir. Quel est le but de ces reproductions pour l'Aquarium ?

 

Michel Hignette : Il n'y a pas toujours de "but" à proprement parler. Nous nous efforçons de garder les animaux aquatiques, dont nous avons la responsabilité, dans les meilleures conditions possibles (qualité de l'eau, nourriture adaptée...). Ces reproductions sont alors considérées comme un signe de succès. Toutefois, dans certains cas particuliers, nous cherchons effectivement à favoriser la reproduction : quand il existe un programme d'élevage européen, notamment. Pour le requin zèbre, nous avons fait en sorte que notre jeune mâle puisse rejoindre une femelle à Océanopolis (Brest). Dans ces cas, les reproductions permettent de moins recourir à des prélèvements en milieu naturel pour présenter une espèce au public.

 

BNE : quel sera l'avenir des raies nées à Noël ?

 

M.H. : Nous cherchons les solutions les plus adaptées pour les jeunes : présentation au public sur place ou échange avec des collègues. Plusieurs de ces petites raies partiront certainement vers d'autres aquariums en France ou à l'étranger.

 

BNE : Dans leur milieu naturel, ces raies d'eau douce sont-elles menacées ?

 

M.H. :   Il existe plutôt une menace sur leur biotope qui peut entraîner une raréfaction de l'espèce. Dans le cas des "poissons" cartilagineux (raies, requins et chimères), le nombre de jeunes par portée est relativement faible. Ces animaux sont donc assez vulnérables car il n'y a pas de possibilité de régénération rapide des stocks en cas de surexploitation ou de menace sur leur milieu.

 

BNE : Est-il possible de remettre les animaux d'aquarium dans leur milieu naturel ? Si oui, doit-on procéder par paliers successifs ou bien les animaux s'adaptent-ils immédiatement dès qu'on les remet dans le milieu naturel ?

 

M.H. : Il est très délicat de remettre des animaux qui ont vécu en aquarium dans le milieu naturel: il ne faudrait pas créer des problèmes supplémentaires, même en voulant bien faire. Des réflexions sont en cours concernant certains cichlidés du Lac Victoria dont on pense que l'espèce a disparu du milieu naturel et qui sont élevés en aquarium. Une réintroduction pourrait déséquilibrer le nouvel écosystème qui s'est recréé sans eux.

 

BNE : l'Aquarium possède des piranhas frugivores. Pouvez-vous nous rappeler leur rôle dans les rivières de la forêt amazonienne ?

 

M.H. : Nous présentons effectivement des Pacus. C'est l'occasion d'essayer de faire découvrir à notre public ce que peut être la forêt inondée d'Amazonie. Pendant la période des pluies, les cours d'eau débordent et les poissons ont accès aux ressources nutritives de la forêt. En sous-bois, les poissons frugivores consomment les fruits qui tombent des arbres et disséminent les graines qu'ils n'ont pas digérées (comme le font les oiseaux dans nos contrées). Ils participent ainsi à la régénération de la forêt amazonienne. Pour nous, c'est difficilement imaginable que des poissons puissent nager dans la forêt ! 

 

BNE : I l est de coutume sur ce blog de donner de bonnes nouvelles. En avez-vous ?

 

M.H. : Oui. Aujourd'hui, les aquariums savent faire du "bouturage" de coraux, ce qui permet de multiplier les colonies par voie asexuée. Des essais de restauration de récifs coralliens en mer sont même envisagés.

Certaines espèces se reproduisant également en émettant des gamètes en aquarium (ce qui est intéressant pour maintenir une bonne diversité génétique), une mission récente, organisée par les aquariums de la Guadeloupe, de La Rochelle et Océanopolis, a d'autre part permis de récolter en milieu naturels des gamètes, de procéder à la fécondation artificielle et de distribuer à plusieurs aquariums des larves que nous essayons d'élever. Cela permet d'apprendre beaucoup de choses sur l'élevage de ces animaux et de procurer du matériel vivant à la recherche (au Muséum National d'Histoire Naturel), sans nécessiter de coûteuses missions et des prélèvements en milieu naturel.

 

(photoCVA)

 


 

Voir aussi le site de l'Aquarium et notamment sa page sur la biodiversité

 


 

 

 

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3 janvier 2011 1 03 /01 /janvier /2011 14:33

100 2057Quelques jours avant Noël, le 21 décembre, l’Organisation des Nations Unies (ONU) a donné son accord pour la création d’une plate-forme intergouvernementale d'interface science-politique sur la biodiversité et les services écosystémiques : l’IPBES *. L’objectif de cette plate-forme internationale est de fournir des informations scientifiques sur la perte des espèces et la destruction des écosystèmes dans le monde, afin de permettre aux pays de prendre des décisions en faveur de la protection de la biodiversité qui rend aux hommes des services inestimables.


En effet, ces 50 dernières années, l’extension des terres cultivées et la perte des habitats pour de nombreuses espèces, les pollutions industrielles, agricoles mais aussi individuelles, la surexploitation des ressources naturelles terrestres et marines ont entraîné une grande diminution de la variété et du nombre des espèces (plantes et animaux) présentes sur Terre et des déséquilibres dans les fonctions naturelles des écosystèmes. Or, ces espèces et écosystèmes sont liés et interdépendants entre eux et nous fournissent la grande diversité de nos produits alimentaires, de nos fibres textiles, des matières premières que nous utilisons pour nous chauffer, construire nos logements et nous déplacer. Elles sont également à la base de nos médicaments.

L’accord pour la création de l’IPBES est une avancée positive, car cette nouvelle structure devrait permettre aux pays de prendre des mesures concrètes locales ou internationales, comme avec le GIEC pour le climat. La première réunion de l’IPBES se tiendra sans doute en juin. Un pays d’accueil du secrétariat sera choisi et les modalités de fonctionnement de la plate-forme définies. Mais la protection de la biodiversité est aussi l’affaire de chacun au quotidien, lors de ses achats, en triant ses déchets ou en évitant les produits toxiques pour la maison ou le jardin qui passent ensuite dans la nature. La protection des espèces est également une question de connaissance ou de découverte de ce qui nous entoure et aussi de plaisir tout simplement, en contemplant un paysage, en écoutant un chant d’oiseau ou en respirant le parfum des arbres ou des fleurs. Des petits bonheurs à conserver à notre échelle.

* en anglais Intergovernmental Platform on Biodiversity and Ecosystem Services

photo CVA

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