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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 10:03

Le 26 mai dernier, la SNCF a inauguré une gare d’un nouveau genre : la gare Haute Qualité Environnementale (HQE). Située à Achères dans les Yvelines, c’est la première gare française à avoir bénéficié d’une réflexion environnementale en amont de sa rénovation. Elle a d'ailleurs été conçue comme un laboratoire de la gare « écologique », avec des innovations technologiques pour la première fois mises en œuvre pour un bâtiment ferroviaire.

Le pari est réussi. La nouvelle gare consomme 64% d’énergie de moins que l’ancienne, émet 84% de gaz à effet de serre en moins et a réduit sa consommation d’eau de 59%. C’est aussi la première « gare solaire » de France car elle produit l’équivalent de 25% de l’énergie qu’elle consomme.

Pour y parvenir, des dispositifs et des matériaux efficaces sur le plan énergétique et environnemental ont été mis en place, comme des panneaux solaires pour produire l’eau chaude sanitaire ; une membrane photovoltaïque de 175 m2 posée sur le toit du bâtiment central et produisant 25% de l’électricité consommée par l’édifice ; des vitrages à isolation renforcée ; une pompe à chaleur réversible pouvant être utilisée aussi bien pour le chauffage que pour la climatisation, des détecteurs de mouvement pour éteindre les lumières en l’absence de personnes ; un conduit de lumière naturelle évitant l’illumination artificielle ; une toiture végétalisée permettant d’isoler le bâtiment ; la récupération des eaux de pluie pour le nettoyage extérieur, l’arrosage des massifs de plantes et l’alimentation des chasses d’eau ou encore des urinoirs pour hommes sans eau. Par ailleurs, la rénovation a également permis d’assurer l’accessibilité de la gare aux personnes à mobilité réduite et aux voyageurs avec bagages ou poussette. Enfin, le chantier s’est voulu le plus « propre » possible, avec la maîtrise des nuisances sonores, l’utilisation de matériaux identifiés « qualité environnementale », le tri sélectif des déchets sur place et la gestion des eaux de lavage.

En l’absence de référence HQE pour la construction ou la rénovation des gares, celle d’Achères en fait aujourd’hui un « site pilote » et a permis de jeter les bases d’une méthodologie HQE pour les bâtiments accueillants des voyageurs, aussi bien les gares que les aérogares.

Les travaux ont coûté 3,2 M€ (Région Ile-de-France : 57% ; SNCF : 40% ; RFF : 3%).

Credit-Gilles-Rolle---REA-3.jpg

Crédit photo Gilles Rolle - REA


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2 juillet 2010 5 02 /07 /juillet /2010 17:04

A la suite d’une proposition de loi déposée en juillet 2009, et après un aller-retour entre le Sénat et l’assemblée entre mars et juin de cette année, l’assemblée nationale a adopté une loi interdisant l’utilisation de bisphénol A dans les biberons. L’objectif recherché est la diminution de « l’exposition humaine aux produits qualifiés de perturbateurs endocriniens » selon l’article 2 de la loi qui indique que le gouvernement présentera « un rapport au Parlement au plus tard le 1er janvier 2011, indiquant les mesures déjà prises et celles envisagées pour diminuer (cette) exposition ».

En effet, le bisphénol A est présent dans ce que l’on appelle communément les plastiques alimentaires et même dans certaines boîtes de conserve. Si l’on peut se réjouir de cette interdiction pour les biberons, une extension à tous les récipients en plastique alimentaire serait un autre pas positif car selon le Mouvement pour le droit et le respect des générations futures -MDRGF – qui cite une étude de l'Afssa (Agence française de sécurité sanitaire des aliments), le bisphénol A serait transmissible de la mère à l’enfant via l’allaitement au sein et le lait maternisé et serait diffusé à chaque fois que l’on réchauffe un produit dans un récipient contenant cette substance.

Pour protéger les bébés, il faut donc protéger les adultes aussi en interdisant le bisphénol A dans tous les produits en contact avec les aliments. Réponse en 2011.

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 15:04

Une lectrice de Bonnes Nouvelles Environnementales demande pourquoi on ne voit plus le logo du dauphin sur les boîtes de thon, signifiant que la pêche de cette espèce ne capture pas de dauphin dans ses filets.

Renseignement pris, le logo existe toujours, notamment sur les boîtes de thon en miette au naturel d’une marque de distribution. Mais sur d’autres marques, le logo a effectivement disparu. La pêche au thon utilisait jusqu’à il y a peu des filets dérivants, parfois longs de 18 km. Ces filets ont été officiellement interdits par l’Union Européenne en 2002 et en 2007 par le Maroc, ce qui laisse penser que les dauphins ne souffrent plus d’une capture ne les visant pas, d’où peut-être, la disparition du logo sur certaines boîtes.

Cependant, de nombreuses associations de protection de la nature indiquent que des filets dérivants de longueurs plus courtes sont toujours en circulation, en raison de dérogations nationales. En dehors des dauphins, ces filets peuvent capturer des tortues, des poisson-lune, des baleines ou des requins ou d’autres espèces (comme des oiseaux marins) qui sont rejetées à la mer, morts, car n’ayant pas de valeur commerciale.

Pour favoriser une pêche durable et respectueuse des espèces, le logo MSC est une nouvelle preuve d’engagement environnemental de la part des marques permettant de guider les achats des consommateurs. Il ne faut pas hésiter, non plus, à contacter le service consommateur de ces marques pour leur poser directement la question quand le logo n’apparaît plus. Enfin, dans le doute, le consommateur est libre d’acheter ou non un produit sans logo environnemental. 

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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 13:40

100_2474.JPGParticuliers comme professionnels, nos actes favorisent ou freinent le développement des méthodes écologiques et durables. Souvent, le manque d’information en est la cause, et en matière de poissons à consommer, celle-ci est souvent difficile à trouver. Dorénavant, les choses ont changé. Pour les professionnels, l’Alliance Produits de la mer, association issue de l’organisme américain Seafood Choices Alliance, a réalisé un guide à destination des professionnels (depuis la grande distribution, aux restaurateurs en passant par les grossistes, les mareyeurs ou les poissonniers) soucieux de contribuer à la préservation des ressources halieutiques pour la durabilité de la filière. Le guide 2010 est téléchargeable gratuitement à l’adresse suivante http://www.allianceproduitsdelamer.org/resources/Guidedesespeces.php

Les particuliers peuvent, quant à eux, télécharger un mini-guide du wwf (www.wwf.fr puis  sélectionner le mot clef « océans et côtes » puis « pour une pêche durable) à mettre dans son porte monnaie pour acheter les poissons dont les stocks ne sont pas en danger et éviter ceux dont les ressources sont quasiment épuisées.

Avec ces nouveaux outils, les choix des consommateurs et acteurs de la filière devraient  enfin faire pencher la balance du bon côté.

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1 juin 2010 2 01 /06 /juin /2010 19:52

Les récents progrès en connaissance de la psychologie animale et les tests effectués pour savoir si les réactions des animaux sont de simples réflexes ou des actions réfléchies amènent à une nouvelle prise de conscience de la souffrance animale. Ceci se traduit progressivement par des améliorations dans les pratiques d’élevage ou de consommation, même s’il reste encore des progrès à faire.

 La chaîne hôtelière Novotel a pour sa part renoncé aux œufs brouillés issus de poules élevées en batterie pour ses buffets de petits-déjeuners. Selon l’association L214 qui a contacté l’entreprise pour lui proposer de changer ses œufs, en France, 80% des poules pondeuses (38 millions d'oiseaux) vivent en permanence dans des cages en batterie (code 3 inscrit sur les œufs et sur les boîtes). La surface allouée par poule est de 550 cm2, soit l'équivalent d'une feuille A4. Dans chaque cage, 15 à 60 poules doivent vivre ensemble dans un espace si restreint qu'il leur est difficile d'étendre les ailes et de se déplacer sans déranger les autres. Le sol est grillagé et occasionne des lésions aux pattes.

« Novotel travaillait depuis 1 an sur l’évolution de son offre petit-déjeuner pour y apporter toujours plus de produits de qualité et qui répondent aux nouvelles tendances de consommation », explique-t-on au siège du groupe hôtelier. Des paroles qui se traduisent par des actes : depuis le 15 mars 2010, en plus des œufs plein air, les clients peuvent aussi déguster des produits bio.

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24 mai 2010 1 24 /05 /mai /2010 19:44

Créée à l'initiative d'acteurs de la protection de la nature et de gestionnaires d'espaces naturels, la Fête de la Nature propose depuis 2007 partout en France des milliers de sorties nature gratuites et encadrées en mai. L'objectif de ces journées est la découverte et la protection de la nature. Initialement étalée sur deux jours, la fête a duré 5 jours en cette année 2010, année internationale de la biodiversité, et a concordé avec le 22 mai, journée mondiale de la biodiversité.

En 2007, environ 200 activités avaient été organisées auxquelles 100 000 personnes avaient participé. Cette année, 1500 projets étaient prévus et l’on attendait 1 million de visiteurs.

Parmi les activités proposées, certaines étaient des plus poétiques, en particulier la Forêt des livres, en Aquitaine, créée par l’ONF. L’idée était de créer une bibliothèque éphémère creusée dans des pins issus de la tempête Klaus et proposant des ouvrages sur la nature, la gestion de la forêt, le papier…

D’autres activités avaient pour objectif de toucher un large public et de rayonner à l’international, comme la transformation des Champs Elysées en site verdoyant présentant la diversité des végétaux français, à Paris. Dans l’après-midi de ce lundi 24 mai, France Bois Forêt* annonçait que plus d’ 1 300 000 visiteurs (chiffres officiels de la préfecture de Paris) avaient parcouru la plus belle avenue du monde. Mais plus d’un Parisien aurait sans doute adoré troquer un tour aux Champs Elysées contre une sortie pour observer le déroulement d'une ponte de tortue luth en Guyane.

Une chose est sûre : ici ou ailleurs, la fête est vraiment l'occasion de révéler à tout un chacun les trésors naturels qui existent près de soi.

 

 

* interprofession qui rassemble l’ensemble des professionnels de la forêt : propriétaires et gestionnaires forestiers publics et privés, pépiniéristes, grainetiers et reboiseurs ainsi que tous les professionnels de la première transformation du bois (récolte, scierie rabotage, parquet massif). Elle associe aussi les professionnels de l’emballage en bois.

 

Quelques photos de la fête à Paris (photos CVA)

 

100_2439.JPG

Finalement, en métro ce sera plus simple...

 

 

 

Tiens, un champ sur les Champs !100 2441

 

100_2460.JPG les abeilles aussi se sont baladées sur l'avenue

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 15:27

100_1469.JPGLes zones marécageuses, les plans d’eau, les lacs sont des petits bijoux de biodiversité, des refuges pour les oiseaux sédentaires et migrateurs et une ressource d’eau non négligeable pour un certain nombre de populations locales. Ces espaces sont aussi, par nature, des zones tampons, sortes d’éponges naturelles qui se gonflent d’eau lors de périodes pluvieuses (évitant ainsi les écoulements d’eau trop rapides, parfois dévastateurs) et rediffusent le précieux liquide en période plus sèche. Elles sont encore des espaces importants d’épuration et de filtration de la pollution grâce à l’action des végétaux qui y croissent.

 

De tout temps, les hommes ont cherché à assécher les zones humides, autrefois pour lutter contre les moustiques ou pour cultiver, et plus récemment pour y construire ou y aménager des infrastructures de transport. A tel point que ces zones ont failli disparaître. Selon le ministère de l’écologie, depuis le début du XXè siècle, 67% des surfaces humides ont disparu. Le 2 février 1971, un traité pour sauvegarder les zones humides a été signé dans la ville iranienne de Ramsar. L’objectif du traité est de conserver et d’utiliser les zones humides de façon rationnelle dans le monde, en raison de leur intérêt écologique mais aussi économique. Depuis cette date, le 2 février est devenue la journée mondiale des zones humides.

Les premiers pays signataires du traité ont été l’Australie, la Finlande, la Norvège, la Suède, l’Afrique du sud et l’Iran. La France n’a signé ce traité qu’en 1986, en tant que 40ième pays, après la Grèce, la Russie, le Sénégal, la Pologne ou le Japon, pour ne citer que quelques pays.

Aujourd’hui 159 pays ont ratifié le traité et protègent, voire recréent des zones humides, dont des mangroves.

En France, depuis la signature du traité, environ 80 projets ont  été menés pour sauver une zone humide ou la recréer. Ces projets sont l’œuvre de communes comme d’associations, notamment, parfois avec des budgets inférieurs à 20 000 €. A chaque fois, des espèces en voie de disparition sont réapparues, comme des papillons, des oiseaux sauvages ou des espèces végétales protégées, ce qui constitue autant de bonnes nouvelles.

Les particuliers peuvent aussi recréer une zone humide dans leur jardin. Un simple bassin ou une mare seront un précieux refuge pour des tritons, des grenouilles ou des libellules et des heures de découverte et d’observation assurées.

(photo CVA)

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4 mai 2010 2 04 /05 /mai /2010 10:59

100_2306-copie-1.JPGCréée en 1979, l’association de loi 1901 Airparif a pour objectif de surveiller la qualité de l’air dans la capitale et la région Ile-de-France. Quotidiennement, l’association édite un bulletin sur internet et note la qualité de l’air ambiant (de 1 : très bon à 10 : très mauvais). En cas de pic de pollution, un avis d’alerte est déclenché pour aviser la population afin qu’elle se protège (éviter les sorties, ne pas faire de sport) et les autorités (le préfet de police) qui mettront en place des mesures comme la réduction de la vitesse automobile sur le périphérique, par exemple. En dehors du travail de mesure et d’information au quotidien, Airparif étudie les polluants et les phénomènes de pollution sur le long terme et évalue les stratégies et les nouvelles mesures qui permettraient de faire baisser la pollution. Philippe Lameloise, Directeur d’Airparif, fait le point pour Bonnes Nouvelles Environnementales. (photo CVA)


La population francilienne se sent concernée par la qualité de l’air en Ile-de-France. à raison ou à tort ?

P.L. 85% des franciliens se disent concernés par la qualité de l’air. à raison, d’ailleurs, car la pollution a de vrais effets négatifs sur la santé. Mais les Franciliens ne sont pas les seuls à s’en préoccuper. Depuis le 30 décembre 1996, la Loi sur l’Air et l’Utilisation Raisonnée de l’Energie (la LAURE) a mis en place les principes de la surveillance de la qualité de l’air en France et mis en avant pour la première fois le droit de chacun à respirer un air qui ne nuise pas à sa santé. Airparif participe à son application au sein de la Fédération ATMO qui regroupe une trentaine d’associations sur l’ensemble du territoire français agréées par le Ministère de l’Environnement.

 

A quoi est due la pollution ?

La pollution dépend de plusieurs facteurs : le facteur d’activité économique, tout d’abord, si la région est agricole, industrielle ou principalement composée d’entreprises du tertiaire, combiné à la densité de la population. En fonction des activités, les polluants ne sont pas les mêmes. En zone agricole, les polluants sont essentiellement des particules fines (poussières des foins, par exemple, ou de la terre soulevée lors du labourage ou provenant de réactions chimiques dans l’air lors d’épandage d’engrais) et des produits phytosanitaires (pesticides, insecticides ou fongicides) provenant des traitements sur les cultures. Il y a également des voitures, moins nombreuses qu’en ville, mais la chimie atmosphérique joue aussi un rôle qui explique des niveaux d’ozone plus importants qu’en ville, parfois.

Dans les grandes régions industrielles, on trouve plutôt du dioxyde de soufre, des hydrocarbures, des métaux et des polluants issus de la combustion.

En Ile-de-France, la région accueille surtout des entreprises du tertiaire moins polluantes dont les principales émissions sont dues au chauffage et aux activités de transport qu’elles induisent. Compte tenu aussi de sa taille réduite et de la forte densité de la population qui y vit, ce sont les polluants du trafic routier, et dans une moindre mesure du trafic aérien, et ceux liés au chauffage qui posent problème, essentiellement. Mais on trouve aussi des pesticides en ville.

A ce premier facteur économique, il faut ajouter le facteur géographique (zone encaissée dans une vallée ou en plaine), le facteur climatique (climat sec et chaud ou pluvieux et frais, venteux ou non) et météorologique (vent du Sud et de l’Ouest ou du Nord et de l’Est). La situation idéale étant un climat pluvieux et frais, dans une région venteuse et en plaine avec un vent venant de l’Ouest. En effet, une zone encaissée verra les polluants stagner au-dessus d’elle. Le vent chasse la pollution, la pluie nettoie l’atmosphère et des températures moins élevées sans trop d’ensoleillement diminuent le risque de réactions chimiques de gaz entre eux pour produire des polluants comme l’ozone ou certaines particules.


En résumé, pour ne pas subir la pollution, il faut supporter un temps de chien !

C’est à peu près ça !

En Ile-de-France, le climat est plutôt favorable à la dispersion des polluants (vents dominants de Sud-Ouest) et précipitations régulières. Mais les 5 millions de véhicules particuliers sans compter les deux roues, le transport public motorisé, le fret routier national et international, la distribution motorisée du courrier et les livraisons et l’activité des aéroports internationaux font que l’agglomération parisienne souffre des émissions d’oxyde d’azote (Nox) et de particules fines (PM10 et PM 2,5), entre autres.


Quels polluants sont mesurés quotidiennement ?

Au total, on surveille une soixantaine de polluants dont la quinzaine de polluants réglementés en France et en Europe, y compris les particules. En Ile-de-France, 5 surtout, car les autres ne posent pas problème ou n’en posent plus.

 

Déjà une bonne nouvelle ?

Oui, et il faut savoir le dire. Le plomb ou le dioxyde de soufre étaient deux problèmes de fond, il y a 20 ans. Aujourd’hui, l’essence sans plomb est généralisée et a réglé le problème du plomb dans l’air. La diminution de la teneur en benzène dans l’essence a aussi permis d’améliorer très largement la situation, même si on dépasse encore la réglementation, mais sur les axes à forte circulation uniquement. L’évolution de la production d’électricité, la baisse de l’activité industrie lourde et l’amélioration des combustibles ont réglé le problème du dioxyde de soufre à Paris. Cependant, malgré ces avancées positives, la qualité de l’air reste largement insatisfaisante en Ile-de-France pour le dioxyde d’azote, les particules fines, et le benzène particulièrement au cœur de l’agglomération et à proximité du trafic. L’ozone quant à lui pose problème sur tout le continent européen et en particulier dans toute l’Ile de France.

 

Il faudrait mettre la ville à la campagne, alors ?

Oui et non. C'est l’effet de masse qui joue : il y a 37 millions de déplacements quotidiens en Ile-de-France sur un territoire très petit ! Mais si l’on regarde les chiffres par habitant, un Parisien intra-muros émet moins de polluants qu’un Français plus isolé car son chauffage est le plus souvent collectif, parce que 1/5è des déplacements quotidiens se fait en transport en commun et que 1/3 se fait à pied aussi. C’est vraiment la concentration de déplacements motorisés sur un petit territoire qui engendre la pollution. A la campagne, on aurait moins de concentration, mais les distances à parcourir seraient plus longues et le recours à l’automobile plus systématique…

 

Le tramway et les voitures électriques vont donc faire du bien aux poumons des franciliens, surtout au cœur de la ville ?

Oui bien sûr. Attention toutefois à la façon dont on produit l’électricité. Il ne faudrait pas que cela génère de la pollution ailleurs ou même localement avec l’utilisation du charbon.


Existe-il des solutions pour les 5 polluants problématiques ?

Oui. Elles sont législatives et technologiques, mais pas seulement. Si l’on remonte un peu loin dans le temps, il ne devait pas faire bon respirer à Paris lorsque tous les foyers se chauffaient au charbon ou au bois et que les usines tournaient avec ces mêmes énergies. A l’époque, les usines comme les particuliers n’avaient pas de filtres sur leurs cheminées. Des progrès importants ont été réalisés depuis, tant par la réglementation que par les avancées technologiques. Aujourd’hui, le chauffage au bois individuel est interdit dans la capitale et reste anecdotique (2 ou 3 % selon l’INSEE), sans doute pour des raisons de méconnaissance de la législation. Les usines aux normes et les incinérateurs d’ordures ménagères nouvelle génération ne rejettent plus ou prou de particules ou de dioxines car leurs filtres et dispositifs de traitement sont très efficaces.

Au vu de la réglementation actuelle, le dioxyde d’azote reste l’enjeu principal. La diésélisation du parc roulant nécessite l’usage de catalyseurs et de filtres pour diminuer l’émission d’oxydes d’azote et de particules fines. La baisse a été sensible lorsque les véhicules en ont été dotés. Aujourd’hui, les taux diminuent moins vite car le parc routier est presque entièrement catalysé. D’un autre côté, les filtres à particules contribuent à l’augmentation des rejets directs de dioxyde d’azote, selon des observations faites sur les stations de mesure d’Airparif et en concordance avec les mesures effectuées à Londres  et dans d’autres capitales européennes depuis plusieurs années. La norme Euro 6 en 2015 devrait toutefois entraîner une forte diminution de ces rejets. Ces nouveaux pots plus complexes fonctionneront à base d’urée.

La législation supranationale, c’est-à-dire européenne, est importante aussi car elle permet de diminuer la pollution sur l’ensemble du continent. Régulièrement, les vents du Nord et de l’Est apportent la pollution de pays voisins jusqu’en France. C’est le même phénomène que le sable du Sahara porté jusqu’en France par les vents du Sud ou que les cendres du volcan d’Islande avec le vent du Nord-Ouest. La pollution atmosphérique ne connaît pas de frontière.


L’air devrait donc être meilleur à respirer à l’avenir ?

Je l’espère. Mais il faut agir aujourd’hui pour éviter les polluants de demain et respirer le mieux possible dès maintenant. Par ailleurs, il faut savoir que de nouveaux polluants nous menacent peut-être, à savoir les nanomatériaux, que nous allons étudier de près dorénavant, sans oublier les liens entre pollution atmosphérique et réchauffement climatique qui ne doivent pas être sous estimés dans les décisions qui sont prises. La qualité de l’air est à la fois une question de bon sens (ne pas brûler de plastique au fond du jardin pour les particuliers ou tester sur le long terme les nouveaux produits avant d’accorder leur mise sur le marché pour les services publiques), de civisme (utiliser les transports en commun s’ils existent ou faire une petite course dans le quartier à pied), de choix politiques, urbanistiques et technologiques. Elle nous concerne tous. Il faut agir sur tous les leviers et à tous les niveaux.

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8 avril 2010 4 08 /04 /avril /2010 15:07

PICT0064.JPGLe 30 mars dernier, 186 parlementaires se sont engagés officiellement en faveur de la protection des abeilles et des pollinisateurs sauvages. Conscients de l’action essentielle de ces insectes sur la diversité et l’existence même d’un grand nombre de cultures, les élus se sont notamment engagés en signant une charte de soutien à « favoriser une agriculture respectueuse de l’environnement, ne pas utiliser de produits phytosanitaires dans la gestion des espaces verts de leur collectivité ou à aider à l’implantation de plus de cultures de végétaux à vocation pollinifère et nectarifère ».

Parmi les parlementaires, deux d’entre eux, également maires de communes en Alsace et en région Rhône-Alpes, ont expliqué avoir mis en place de nouvelles méthodes pour protéger qui des vignobles qui des arbres fruitiers des nuisibles s’attaquant à ces cultures. Ces nouvelles méthodes « fonctionnent très bien », ont-ils assuré, et sont basées sur l’utilisation de phéromones (hormones diffusées dans l’air) qui attirent les nuisibles et les détourne des fruits. Un parlementaire de l’Allier, s’essayant comme apiculteur amateur, a confirmé l’emploi de ces pièges à phéromones pour capturer des frelons d’Asie, nouveaux prédateurs des abeilles depuis 4 à 5 ans, et espèce très dangereuse pour les hommes aussi. Espérons que cet engagement portera ses fruits… que de nombreux pollinisateurs pourront venir visiter.

un essaim de parlementaires pour soutenir l'abeille (photo CVA)

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22 mars 2010 1 22 /03 /mars /2010 14:14
PICT0048.JPGDans une information datée du 12 mars dernier, le Ministère de l’Environnement a annoncé que les sacs de caisse jetables distribués en magasin sont passés de 10,5 milliards en 2002 à moins de 1,6 milliard en 2008, soit une baisse de 85%, au profit des sacs réutilisables ayant de moindres impacts sur l’environnement. Trop de sacs de caisse finissent encore dans la nature, dans les rivières puis dans la mer où les tortues et les dauphins les confondent avec des méduses et s’étouffent à leur ingestion.

Pour remplacer les sacs de caisse, de grands sacs en plastique de long usage sont proposés dans les magasins, parfois en avançant 1 € pour obtenir le premier qui sera échangeable gratuitement une fois usé. Mais la solution la plus écologique reste le sac en toile ou le cabas à roulette. Et si vous recherchez des sacs poubelle, il en existe des biodégradables.

Le ministère précise par ailleurs que tous les sacs de caisse jetables seront supprimés d’ici à la fin 2011.

 

(photo CVA) : les sacs plastique habituels se décomposent en 100 à 200 ans et libèrent leurs composants à base de pétrole et d'encres dans le milieu.

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