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4 janvier 2010 1 04 /01 /janvier /2010 18:44
PICT0032.JPG12 maigres paragraphes réunis en un texte final qui n’oblige aucun Etat. Voilà le résultat de la conférence de Copenhague. Comme l’avait pressenti Bonnes Nouvelles Environnementales avant la Conférence, un effort a toutefois porté sur la protection des forêts tropicales et primaires, pièges à CO2, avec l’apport immédiat de 30 milliards de $  de la part des pays développés pour la période 2010-2012. Cette somme, destinée à mettre en place des actions d’adaptation au changement climatique et à limiter les émissions de Gaz à effet de serre (GES), inclut la lutte contre la déforestation. Concrètement, l’aide sera attribuée en priorité aux pays les plus vulnérables, les moins développés, les Etats insulaires en développement et les pays africains affectés par la sécheresse, la désertification et les inondations. L’effort financier comprend également du transfert de technologie pour que ces pays se développent de façon durable tout en maintenant un faible niveau d’émission de GES.

Côté émissions de CO2, l’accord reconnaît que le changement climatique est « l’un des plus grands défis de notre époque ». Mais le chiffre indiqué (-50% de CO2 par rapport à 1990) renvoie à 2050 - autant dire à la charge de la génération des 10-15 ans aujourd’hui. Si les émissions de CO2 baissent effectivement de 50%, la hausse globale des températures devrait se limiter à 2°C. La possibilité est toutefois donnée de revoir l’accord de Copenhague en 2016 pour limiter le réchauffement à 1,5°C comme demandé par les Etats insulaires, car ces 2°C en plus signifient tout de même la disparition pure et simple de leur territoire sous les eaux. Mais dans l’accord, pas d’obligation : les actions de baisse des émissions devront simplement être déclarée tous les 2 ans à l’ONU sur la base du volontariat et calculées d’après le système national de mesure des émissions du pays en question.

Enfin, un objectif de mobilisation de 100 milliards de $ par an jusqu’à 2020 provenant de sources publiques comme privées est souhaité pour aider les pays en voie de développement à entreprendre des actions de réduction des émissions de GES concrètes et en toute transparence.

En dehors de ces trois points, le plus significatif de la Conférence de Copenhague est sans doute la révélation des influences des différents pays. Deux grandes puissances (Les Etats-Unis et la Chine) ont imposé leurs vues (pas d’obligation de résultat pour éviter les ingérences dans les politiques nationales). Mais les pays en voie de développement ont également fait entendre leur voix et n’ont pas cédé. Entre les deux, l’Europe, qui voulait un engagement fort, a dû s’accommoder du résultat que l’on connaît.

Autre révélation lors de cette conférence : la mobilisation des personnes et des groupes ne représentant pas de façon officielle les pays présents. Ces citoyens, associations, syndicats professionnels sont venus proposer de vraies idées. Les syndicats professionnels du solaire ou de l’éolien, par exemple, ont cité les possibilités de développement économique durable dans des pays concrets (ceux de la ceinture solaire pour l’un ou dans les pays balayés par les vents comme l’Ethiopie, pour l’autre). Dans une autre mesure, les Maires, qui avaient tenu leur réunion internationale à Copenhague en juin dernier, mettent en place des mesures et des actions novatrices efficaces et opérationnelles et transmettent leur expérience à d’autres villes dans le cadre des jumelages ou d’échanges sur l’environnement, les transports propres ou la lutte biologique dans les jardins. Ils étaient nombreux à Copenhague en décembre aussi. Enfin les citoyens, en signant la pétition sur Internet contre le changement climatique ou en manifestant sur place, ont informé clairement aux dirigeants leurs souhaits de vie.

Pour cette mobilisation associative et citoyenne, la conférence à demi ratée de Copenhague sera peut-être une date à retenir.

(photo CVA)
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Published by CVA - dans édito
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5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 17:24
Toujours plus chaudes, toujours plus chaudes, les températures montent… En cause, les émissions de CO2 provenant des activités industrielles, des déplacements motorisés des personnes ou du transport des marchandises, du chauffage de nos habitations ou des bureaux qui favoriseraient le réchauffement.
Pour s’accorder sur une baisse généralisée des émissions de ce gaz à effet de serre, les responsables de près de 200 pays vont se réunir du 7 au 18 décembre dans la capitale danoise. Ce n’est pas la première fois que des pays se rencontrent. En 1997, à Kyoto (Japon), les pays présents et signataires du protocole éponyme avaient réussi à se mettre d’accord sur une première réduction de leurs émissions de CO2 par rapport à celles de 1990. Certains pays ont parfaitement respecté leur engagement et même fait mieux (en connaissant, par ailleurs, une croissance économique), d’autres ont en revanche totalement dérapé et doublé leurs émissions de CO2 en quelques années seulement.
La prochaine conférence de Copenhague doit déterminer de nouvelles baisses car depuis 1997, la situation a empiré avec une fonte de la banquise et des glaciers plus rapide que prévue, de terribles sécheresses ou de fortes inondations sur à peu près tous les continents. Certains disent donc que la conférence de Copenhague est le rendez-vous « de la dernière chance » avant d’en arriver à des conditions climatiques insupportables pour les humains.
Dans le même temps, nombreux sont ceux qui prévoient un échec des négociations, arguant que les pourcentages de réduction seront trop bas et que certains pays ne voudront pas signer pour ne pas s’engager.
Un accord est-il donc si important à Copenhague ?
Oui, dans la mesure où il montrerait une nouvelle voie à suivre, que l’on espère plus respectueuse des hommes et de leur environnement.
Non, dans la mesure où certains pays ayant signé le protocole de Kyoto n’ont pas respecté leur engagement alors que d’autres, ne l’ayant pas signé, ont tout de même baissé leurs émissions.
Bonnes Nouvelles Environnementales préfère voir les signes encourageants qui sont déjà apparus avant le début de la conférence :
- le Brésil, qui a souffert d’une sécheresse extrême au Sud du pays et d’inondations dévastatrices au Nord cette année, a compris qu’il fallait agir et a commencé à prendre des mesures pour freiner la disparition de la forêt amazonienne, véritable piège à CO2 en raison de la croissance permanente des végétaux. Conserver la forêt, c’est conserver aussi l’habitat des Indiens, préserver la faune et la flore, découvrir de nouvelles substances pour faire de nouveaux médicaments. Ce pays jouera sans doute un rôle moteur lors de la conférence.
- La semaine dernière, les Etats-Unis (1er producteur de CO2 par personne au monde) ont décidé de s’engager à baisser leurs émissions par rapport à l’année 2005. Le pourcentage indiqué est en réalité assez réduit lorsqu’on le recalcule par rapport à 1990, mais sous le mandat de l’ancien président, aucun engagement n’avait été annoncé.
- La Chine, autre grand émetteur de CO2, n’attendait que l’engagement des Etats-Unis pour s’engager aussi – en indiquant une baisse supérieure à celle des Etats-Unis. Depuis plusieurs années déjà, la Chine investit dans les énergies renouvelables, tout en inaugurant une centrale électrique à charbon chaque semaine (son besoin énergétique est si grand qu’elle fait feu de tout bois.) Elle souffre pourtant des effets de la montée des températures dans différentes régions de son immense territoire. Son engagement chiffré est un signe positif ou du moins le signe d’une prise de conscience.

Autre « gros morceau » de la conférence : aider les pays en développement à croître en limitant leurs émissions (alors que notre croissance s’est justement faite de cette façon depuis 150 ans). Pour les aider, il faudrait transférer les technologies propres à ces pays, s’ils ne les ont pas, ou bien leur allouer des fonds pour les aider à les installer. Eux comme nous avons à y gagner en termes climatiques, mais comment demander de se développer de façon propre pour un bénéfice à moyen terme alors que dans certains de ces pays, des personnes meurent prématurément chaque jour ? En protégeant les ressources d’une région, on respecte le plus souvent aussi les conditions qui font vivre les populations sur place. Il faut trouver des solutions pour améliorer leur quotidien de façon réelle mais durable.

En résumé, on peut dire que si la conférence de Copenhague est une réussite, elle sera l’un des symboles d’un changement d’époque, d’une nouvelle ère, que l’on espère plus écologique et sociale. Si c’est un échec, cela ne veut pas dire pour autant que tout soit perdu. Mais quel que soit le résultat de la conférence, au quotidien - et c’est sans doute plus important - nous pouvons agir individuellement pour conserver un environnement plus sain, plus diversifié, plus juste. Nos actes, multipliés par 62 millions de personnes en France, ont un véritable effet. A chacun ses gestes en fonction de sa situation, de son lieu de vie, de son budget. Beaucoup de gestes sont gratuits (éteindre les appareils en veille ou fermer l’eau du robinet quand on se lave les dents, par exemple) et ont pour effet immédiat de diminuer nos factures. Déjà un signe positif ! D’autres témoignent de notre engagement, comme le commerce équitable. Acheter des produits bio (et locaux si possible) encourage ce type de production au quotidien et protège notre environnement immédiat.
Le climat, qui ne connaît pas de frontières, nous concerne tous. La conférence de Copenhague est au moins un événement qui nous permet de réfléchir aux valeurs fondamentales de la vie, au principal et à l’accessoire, et puisque le hasard nous a fait naître à cette époque, de participer au façonnage d’une nouvelle façon de vivre, en protégeant notre environnement, ce qui revient à dire, en nous protégeant.
(photo CVA)
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