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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 15:48

Camionnette--electrique.jpgNée à Manosque, en Provence, l’Occitane est une marque de produits cosmétiques naturels utilisant l’aromathérapie et la phytothérapie dans ses formules. Petite entreprise locale à la fin des années soixante-dix, l’Occitane dispose aujourd’hui de plus de 2100 boutiques dans le monde et exporte 82% de sa production, dont la moitié en Asie. D’une production naturelle à une préoccupation environnementale, il n’y avait qu’un pas que ses dirigeants ont franchi au changement du siècle et qui porte déjà des fruits en termes de moindre pollution et d’engagements humains.

« La direction générale souhaitait intervenir sur les aspects parfois contradictoires de toute activité avec l’environnement et la santé des personnes. La logistique semblait la fonction la plus évidente à améliorer en raison de son impact en termes d’émissions de CO2 » explique Katia Michieletto, responsable Développement Durable de la marque. C’est pourquoi l’entreprise s’est rapprochée de l’ADEME pour effectuer un bilan carbone. Celui-ci a révélé que les marchandises transportées par avion avaient un bilan d’émissions de carbone extrêmement lourd. En effet, une tonne-kilomètre transportée par avion pèse 1000 fois plus que la même tonne transportée par bateau. Le transport par avion ne représentait que 5% des livraisons, mais l’entreprise a décidé d’y recourir le moins souvent possible.« Il fallait donc s’organiser pour limiter les situations de livraison en urgence et livrer nos produits en 3 semaines au lieu d’une journée, sans pénaliser la mise à disposition des produits dans nos magasins » ajoute K. Michieletto. Ceci a été possible grâce à l’anticipation des livraisons. L’usage de l’avion est encore nécessaire, mais aujourd’hui, il ne représente que 3% à 3,5% du volume total transporté. L’Occitane a, par ailleurs, réalisé des économies en utilisant le transport maritime plutôt que l’avion.

Zéro émission en centre-ville

 L’entreprise a voulu aller plus loin en s’intéressant aux livraisons locales et de centre ville. Depuis un an, elle utilise le transport rail-route entre les usines du Sud de la France et l’entrepôt de la région parisienne. Ceci économise 150 000 litres de carburants autrefois consommés par des camions et a diminué les émissions de C02 de 340 tonnes. Enfin, pour livrer les boutiques parisiennes depuis l’entrepôt de la région parisienne, l’Occitane a décidé d’utiliser le moyen le moins polluant, à savoir le camion électrique. C’est la société Greenway qui s’occupe des derniers kilomètres de livraison avec une flotte de 10 véhicules de 1,5 tonnes et de 5 véhicules de 500 kg ayant une autonomie de 100 et 60 km. En optimisant les parcours de livraison, Greenway permet à ses clients de ne payer que le nécessaire, mais la société propose aussi de décorer les camions à l’enseigne du magasin dans le cadre d’une communication visuelle. «  Nos choix ne se font pas uniquement sur le critère des coûts », indique Katia Michieletto. Les camions électriques vont porter les couleurs de l’Occitane le temps d’une campagne de communication.

Environnement et RSE

Le programme de réduction des émissions de CO2 s’inscrit dans une logique environnementale et sociétale plus vaste : en 2004, l’Occitane a par exemple lancé un programme de plantation biologique de fleurs d’immortelles en Corse. Elle a été récemment récompensée par le jury du prix « Entreprises et Environnement » composé du Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie ainsi que de l'Agence du Développement et de la Maîtrise de l'Energie. Par ailleurs l’entreprise s’investit en faveur des femmes dans le monde et de la déficience visuelle, par le biais d’une fondation créée en 2008 pour mener à bien ses actions.

Les axes de progrès ? « C’est une démarche d’amélioration continue, explique Katia Michieletto. L’idéal serait qu’une législation environnementale soit appliquée de la même façon partout dans le monde pour que les entreprises qui s’engagent dans des pratiques plus écologiques aient les mêmes contraintes concurrentielles que celles qui ne le font pas ».

Une image de marque n’est pas toujours facile à estimer, mais elle représente à coup sûr un avantage concurrentiel.

 

Photo Greenway 

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Published by CVA - dans économie
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