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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 15:56

100_0245.jpg La semaine pour les alternatives aux pesticides (du 20 au 30 mars) fête ses 10 ans. Chaque année, elle réunit de plus en plus d’acteurs et propose des centaines d’actions dans de plus en plus de pays. L’objectif de ces opérations est de montrer que l’on peut cultiver autrement qu’avec les produits chimiques et les engrais de synthèse, utilisés depuis la fin de la deuxième guerre mondiale seulement, mais produisant trop d’effets négatifs sur la santé des hommes (voir ici) et de la biodiversité, ainsi que sur le milieu, sur l’eau notamment.

Le printemps, période où renaît la nature, est aussi l’époque de la reprise des épandages de pesticides et d’engrais dans les campagnes. Pour montrer qu’il est possible de faire autrement, la semaine pour les alternatives aux pesticides organise pendant 10 jours chaque année des ateliers de jardinage naturel, réalise des formations, organise des expositions avec démonstration de matériel ou prépare des repas biologiques. Les publics vont du simple citoyen (qui utilise parfois dans son jardin les pesticides ou autres désherbants chimiques à mauvais escient ou dans de trop fortes proportions), à l’agent communal ou municipal, en passant par les entreprises. 36 partenaires nationaux et 18 partenaires internationaux se sont associés à la semaine cette année. Ce sont notamment des associations nature, syndicats d’agriculteurs bio, réseau de semences paysannes, les écomaires, la mairie de Paris, l’office national de l’eau et des milieux aquatiques (l’ONEMA), le mouvement rural de jeunesse chrétienne, des associations pour la santé, l’union nationale de l’apiculture française…

 

En 10 ans, les mentalités ont évolué vis-à-vis des pesticides. Depuis le Grenelle de l’Environnement, sous la présidence de Nicolas Sarkozy, un objectif est recherché : celui d’une baisse de 50% de l’utilisation des pesticides en France d’ici à 2018. Les professionnels ont joué le jeu mais une reprise de l’utilisation des pesticides a été notée ces dernières années. Selon l’actuel ministre de l’agriculture, Stéphane Le Foll, l’intention du Grenelle était bonne mais elle n’était pas adaptée au modèle de production agricole. Aussi, depuis un an, un nouveau modèle est expérimenté avec pour objectif de changer le visage de l’agriculture française pour que celle-ci soit toujours aussi efficace économiquement, mais qu’elle devienne aussi un modèle de sobriété chimique, exportable à l’étranger.

Avec les connaissances actuelles et les technologies de précision, on peut faire évoluer la production agricole conventionnelle (celle de l’après-guerre) vers un système agro-écologique. Par exemple, en agriculture, il est possible aujourd’hui d’adapter la dose d’azote à sa culture en fonction de son réel besoin et non plus de façon uniforme sur une même parcelle ; on a découvert que les algues peuvent remplacer avantageusement certains engrais ; les agriculteurs passent au bio dans les champs situés au-dessus d’une zone de captage d’eau ; les agriculteurs se regroupent en GIE pour répondre à des appels à projet sur la réduction des pesticides. Enfin, une exploitation maraîchère a été créée autour de peupliers et de noyers plantés par l’INRA à des fins expérimentales, en prévision de la valorisation du bois et en récréant un écosystème favorable aux insectes auxiliaires luttant naturellement contre les prédateurs des cultures.

Pour l’élevage, des installations gagnent en autonomie en produisant du méthane à partir du fumier et du lisier, transformés en énergie électrique et en engrais ; des éleveurs bovins se sont regroupés et travaillent avec le Parc Naturel du Vercors pour lutter contre un rongeur au lieu d’agir de façon isolée. Enfin, une ferme autonome en alimentation animale et en énergie produit un camembert bio certifié AOP en changeant l’alimentation des bêtes et en paillant le sol du parcours vers la stabulation, diminuant ainsi les infections au sein du troupeau et le recours aux médicaments.

Troisième volet du nouveau visage agricole français : l’enseignement agricole. Depuis un an, les établissements agricoles intègrent les méthodes de production alternative, plus durables économiquement et écologiquement, comme le non-labour ou l’utilisation d’insectes auxiliaires.

Retrouvez les exemples détaillés sur le site du ministère de l’agriculture :

http://agriculture.gouv.fr/Produisons-autrement

photo CVA

 

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18 mars 2014 2 18 /03 /mars /2014 15:48

Camionnette--electrique.jpgNée à Manosque, en Provence, l’Occitane est une marque de produits cosmétiques naturels utilisant l’aromathérapie et la phytothérapie dans ses formules. Petite entreprise locale à la fin des années soixante-dix, l’Occitane dispose aujourd’hui de plus de 2100 boutiques dans le monde et exporte 82% de sa production, dont la moitié en Asie. D’une production naturelle à une préoccupation environnementale, il n’y avait qu’un pas que ses dirigeants ont franchi au changement du siècle et qui porte déjà des fruits en termes de moindre pollution et d’engagements humains.

« La direction générale souhaitait intervenir sur les aspects parfois contradictoires de toute activité avec l’environnement et la santé des personnes. La logistique semblait la fonction la plus évidente à améliorer en raison de son impact en termes d’émissions de CO2 » explique Katia Michieletto, responsable Développement Durable de la marque. C’est pourquoi l’entreprise s’est rapprochée de l’ADEME pour effectuer un bilan carbone. Celui-ci a révélé que les marchandises transportées par avion avaient un bilan d’émissions de carbone extrêmement lourd. En effet, une tonne-kilomètre transportée par avion pèse 1000 fois plus que la même tonne transportée par bateau. Le transport par avion ne représentait que 5% des livraisons, mais l’entreprise a décidé d’y recourir le moins souvent possible.« Il fallait donc s’organiser pour limiter les situations de livraison en urgence et livrer nos produits en 3 semaines au lieu d’une journée, sans pénaliser la mise à disposition des produits dans nos magasins » ajoute K. Michieletto. Ceci a été possible grâce à l’anticipation des livraisons. L’usage de l’avion est encore nécessaire, mais aujourd’hui, il ne représente que 3% à 3,5% du volume total transporté. L’Occitane a, par ailleurs, réalisé des économies en utilisant le transport maritime plutôt que l’avion.

Zéro émission en centre-ville

 L’entreprise a voulu aller plus loin en s’intéressant aux livraisons locales et de centre ville. Depuis un an, elle utilise le transport rail-route entre les usines du Sud de la France et l’entrepôt de la région parisienne. Ceci économise 150 000 litres de carburants autrefois consommés par des camions et a diminué les émissions de C02 de 340 tonnes. Enfin, pour livrer les boutiques parisiennes depuis l’entrepôt de la région parisienne, l’Occitane a décidé d’utiliser le moyen le moins polluant, à savoir le camion électrique. C’est la société Greenway qui s’occupe des derniers kilomètres de livraison avec une flotte de 10 véhicules de 1,5 tonnes et de 5 véhicules de 500 kg ayant une autonomie de 100 et 60 km. En optimisant les parcours de livraison, Greenway permet à ses clients de ne payer que le nécessaire, mais la société propose aussi de décorer les camions à l’enseigne du magasin dans le cadre d’une communication visuelle. «  Nos choix ne se font pas uniquement sur le critère des coûts », indique Katia Michieletto. Les camions électriques vont porter les couleurs de l’Occitane le temps d’une campagne de communication.

Environnement et RSE

Le programme de réduction des émissions de CO2 s’inscrit dans une logique environnementale et sociétale plus vaste : en 2004, l’Occitane a par exemple lancé un programme de plantation biologique de fleurs d’immortelles en Corse. Elle a été récemment récompensée par le jury du prix « Entreprises et Environnement » composé du Ministère de l'Ecologie, du Développement Durable et de l'Energie ainsi que de l'Agence du Développement et de la Maîtrise de l'Energie. Par ailleurs l’entreprise s’investit en faveur des femmes dans le monde et de la déficience visuelle, par le biais d’une fondation créée en 2008 pour mener à bien ses actions.

Les axes de progrès ? « C’est une démarche d’amélioration continue, explique Katia Michieletto. L’idéal serait qu’une législation environnementale soit appliquée de la même façon partout dans le monde pour que les entreprises qui s’engagent dans des pratiques plus écologiques aient les mêmes contraintes concurrentielles que celles qui ne le font pas ».

Une image de marque n’est pas toujours facile à estimer, mais elle représente à coup sûr un avantage concurrentiel.

 

Photo Greenway 

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 10:43

P1000128.JPGSi les surfaces en agriculture et élevage biologiques augmentent en France de plus de 10% tous les ans (+ 15,3% en 2011, soit plus de 1 million d’hectares dès le premier trimestre de 2012*), qu’en est-il dans le monde ? Un tour d’horizon s’impose pour savoir ce que les autres habitants de la Terre mettent dans leur assiette.

Plus de 37 millions d’hectares sont cultivés de façon biologique (certifiée ou non) dans le monde en 2011. Ce chiffre officiel est sous-estimé car certains pays, comme la Chine, ne disposent pas de statistiques. A ce chiffre, il faut ajouter la cueillette sauvage et l’apiculture, évalués à 43 millions d’hectares, soit un total de plus de 80 millions d’hectares. Ces données révèlent des situations contrastées mais d’une manière générale le plus souvent orientées à la hausse. En Asie, après une baisse entre 2009 et 2010 due à des changements de règlements (plus stricts), les surfaces bio ont repris et bondi de +33 % en 2011 ! L’Europe et l’Amérique du Nord ont connu une croissance respective de +6 et +5 %. En Afrique et en Océanie, on assiste essentiellement à une stabilisation des surfaces. En revanche, l’Amérique latine a vu ses surfaces bio diminuer de -18%, même si certaines cultures bio comme la vigne, l’olive et la canne à sucre ont fortement augmenté. La forte croissance du bio en Asie s’explique en partie par la mise en place d’un plan gouvernemental de développement de l’agriculture bio en Inde. En Europe, les plus fortes progressions de surfaces bio se sont faites en Espagne et en France. 

Un marché en progression :

Les ventes de produits bio dans le monde ont quadruplé en 10 ans. Elles représentent 50,5 milliards d’Euros (soit 65,4 milliards de $ ). Les premières estimations en 2012 font penser que le marché passera largement la barre des 70 milliards de $ en 2012. Les Etats-Unis et l’Europe continentale (UE + Suisse) consomment plus de 9 produits bio sur 10. Mais les consommateurs asiatiques achètent dorénavant de plus en plus de produits biologiques. Le marché mondial du bio devrait donc encore se développer.

En types de production, les principaux producteurs d’olives bio sont l’Espagne, l’Italie et la Tunisie. L’Espagne, la France et l’Italie recensent aussi 74% des vignobles biologiques mondiaux. Le tournesol et le soja représentent chacun 1/4 des surfaces d’oléagineux bio mondiaux. Enfin, la demande en coton bio dépasse la production. Le premier producteur de coton bio est la Turquie. Les céréales sont la première culture bio avec 2,6 millions d’hectares. Le lait, le café bio progressent ainsi que le poisson bio qui est passé de 5000 à 125 000 tonnes entre 2000 et 2011.

Consommer local

Si l'on peut se réjouir de la place croissante du bio dans l'agriculture mondiale, il est bon de rappeler qu'acheter des produits biologiques venant de l'autre bout de la planète est très consommateur de carburant. Pour moins de transport et pour le développement économique local, les consommateurs acheteront au plus près de la zone de production.


L’agriculture biologique convainc de plus en plus de consommateurs et de producteurs dans le monde. C’est d’ailleurs l’un des secteurs à connaître une croissance à deux chiffres, sauf dans les zones où elle est déjà bien développée et où la progression est encore de +5 à +6%. Les pays qui la développent y voient un intérêt financier sur un marché en progression mais aussi un atout environnemental et social. Deux d’entre eux ont d’ailleurs décidé de franchir un pas supplémentaire : le Bhoutan (pays un peu plus grand que la Belgique situé entre l’Inde et la Chine) et l’île polynésienne de Niué, qui ont décidé de passer à 100% d’agriculture bio d’ici 2020. D’autres les rejoindront peut-être, notamment les îles Malouines qui comptent déjà 36 % de leur surface agricole en bio, le Liechtenstein ou l’Autriche avec respectivement 27 et 20% de leurs surfaces agricoles en bio et déjà une longue tradition du bio.

 

photo CVA : plan de caféier bio

* chiffres de l’Agence Bio pour l’ensemble de l’article (voir le site http://www.agencebio.org)

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15 novembre 2013 5 15 /11 /novembre /2013 15:04

100_1411.jpgRédigée courant 2010 et lancée en 2011, la Stratégie Nationale pour la Biodiversité (SNB) a pour objectif de protéger, voire de développer la biodiversité en France et en Outre-mer. Pour y parvenir, les acteurs de la société doivent la mettre en pratique. Il semble qu’aujourd’hui, le message soit bien passé et les participants ont d’ailleurs tout à y gagner.

 

En 2012, une trentaine d’entreprises avaient déposé un dossier d’engagement en faveur de la biodiversité pour obtenir une reconnaissance (un logo) après vérification par le Ministère de l’Environnement que les actions proposées avaient bien été mises en œuvre. 22 entités avaient été reconnues, surtout des structures de plus de 250 salariés. Cette année, 47 entreprises, associations, collectivités territoriales ou établissements publics ont postulé. En dehors d’un dossier non recevable, car visiblement plus proche du green-washing que de l’engagement réel en faveur de la biodiversité, presque tous ont reçu un accord de principe qui se concrétisera en une reconnaissance officielle si les plans d’actions sont bien mis en pratique. Parmi eux, on retrouve de grandes entreprises mais aussi des PME ou structures de moins de 10 salariés. Les candidats non retenus ont été encouragés à se présenter en 2014, leur plan d’actions étant incomplet, les moyens alloués insuffisants ou les actions déjà mises en place.

Des actions en interne et en externe

En quoi consistent les engagements des candidats ? Les actions proposées vont se faire en interne comme en externe, avec notamment de la formation, le recensement de bonnes pratiques et jusqu’à un système de management de la biodiversité. En externe, ce sont surtout des organisations de débats ou d’événements qui sont proposées, mais des villes ont aussi annoncé la mise en place d’une gestion exemplaire de leurs espaces verts. Un rapport à mi-parcours de la mise en œuvre des engagements sera transmis au Ministère puis un second, à la fin de la période d’engagement pour obtenir la reconnaissance.

Un très bon exercice

Le dépôt d’une demande d’engagement est un atout pour les structures qui postulent. En effet, pour réaliser leur dossier, elles sont obligées de réfléchir à leur organisation ou leurs procédés (d’approvisionnement, de production, de gestion des déchets… ). Elles trouvent dans le Guide pour l’Action de la SNB des outils concrets pour avancer sur leurs projets. Même si les plans d’actions sont parfois décalés par rapport aux objectifs de la stratégie ou que les modalités manquent de précision (calendrier, moyens humains ou financiers) ou d’indicateurs de résultat, les entreprises évaluées bénéficient de conseils pour pouvoir postuler l’année suivante. Elles sont donc déjà en partie gagnantes par le simple fait de participer. Si elles sont reconnues, elles peuvent utiliser un logo pour une validité limitée dans le temps (de 1 à 3 ans le plus souvent, en fonction de l’ampleur de l’engagement) afin d’encourager ces structures à repenser leur engagement pour encore plus de protection de la biodiversité qui est le socle de notre existence sur Terre.

Le prochain lancement d’appel à candidature est prévu vers décembre 2013 ou janvier 2014.

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14 octobre 2011 5 14 /10 /octobre /2011 17:01

L'association européenne de l'industrie photovoltaïque (EPIA) vient de publier un rapport expliquant pourquoi et comment l'électricité photovoltaïque sera une énergie totalement compétitive en Europe d'ici à 2020 et dès 2013 en Italie.

En effet, le prix des modules a déjà diminué de plus 20% à chaque fois que le volume cumulé de vente de modules solaires a doublé. Selon l'étude, le secteur a par ailleurs un potentiel de diminution des coûts à hauteur de 50% d'ici 2020.  Le rapport compare les prix réels de génération d'électricité photovoltaïque avec ceux des autres sources d'énergie sur les dix ans à venir. Les énergies renouvelables permettraient ainsi à l'Europe d'atteindre ses objectifs en termes de diminution de gaz à effet de serre en garantissant un approvisionnement énergétique local et sécurisé, avec des emplois locaux également. C'est pourquoi il est indispensable que l'Europe organise un cadre favorable à ce marché selon l'association.

Voir le rapport (ici)

 

 

 

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1 juin 2011 3 01 /06 /juin /2011 11:39

PICT0145.jpgLe 19 mai dernier, Nathalie Kosciusko Morizet, ministre de l’écologie, a présenté la nouvelle stratégie nationale pour la biodiversité (SNB) destinée à enrayer la perte des espèces en France, dans les territoires d’Outre Mer et partout où la France intervient.

Le document présenté vise à intégrer la biodiversité dans toutes les politiques de l’Etat et propose des actions concrètes pour retrouver entre autres les continuités écologiques permettant aux espèces de circuler pour se reproduire. 6 grandes orientations stratégiques et 20 objectifs ont été définis, devant permettre de maîtriser les pressions sur la biodiversité mais aussi d’inclure la biodiversité dans les décisions économiques. En effet, la biodiversité apporte à l’homme de grands services :

 

-  la production d’aliments, de matériaux de construction, de fibres textiles, de médicaments,

-    la régulation du climat (le sol absorbe le CO2), la qualité de l’eau par l’épuration naturelle de la part des végétaux, la production d’oxygène, la stabilité des sols en limitant l’érosion,

-       un espace de vie pour la récréation, le repos, l’équilibre spirituel,

-       la biodiversité peut également être considérée comme un patrimoine propre à chaque région ou chaque pays, avec ses particularités qui en font tout l’intérêt.

-       Enfin, parce que les autres espèces naturelles en dehors de l’humain ont aussi le droit d’exister, avec ou sans utilité concrète et immédiate pour l’homme (en réalité, les espèces jouent toutes un rôle important dans l’équilibre des écosystèmes, même si nous ne les avons pas encore découvertes ou comprises).

 

Par rapport à la première SNB de 2004, qui avait défini des objectifs précis mais n’avait pas été suivie par le reste de la société, la nouvelle SNB mise sur l’implication de tous au niveau national et régional. La version 2010-2011 met en particulier l’accent sur la prise de conscience par le public, les élus et les décideurs économiques de l’importance pour l’homme du maintien d’une biodiversité riche et adaptable.

 

Le texte a, dans l’ensemble, été salué positivement par les associations de protection de l’environnement. Celles-ci déplorent toutefois le manque de moyens financiers de la part de l’Etat pour engager des actions d’envergure et les conséquences défavorables à la biodiversité de certaines politiques des autres ministères. La ministre a annoncé de son côté la mise en place d’une cartographie nationale des habitats naturels et semi-naturels à l'échelle du 1/25000 d’ici à 2018 et le lancement d’appels à projets, en plus de sa ferme volonté d’intégrer la biodiversité dans les autres politiques du pays. Elle compte également sur les engagements des autres acteurs de la société, notamment les entreprises privées qui devraient, selon elle, s’engager dans des actions de mécénat incluant des projets de biodiversité.

 168 acteurs publics et privés ont déjà adhéré à la SNB et se sont engagés à mettre en place des actions concrètes dans les mois à venir. Des indicateurs de suivi de l’état de la biodiversité et un comité de suivi de la SNB permettront d’en mesurer les effets. 

(photo CVA) : la biodiversité comprend les plantes et les animaux mais aussi les micro-organismes terrestres et marins.

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2 mai 2011 1 02 /05 /mai /2011 15:24

P1000168_2.JPGPeu connus du grand public, les Etablissements Publics Fonciers (EPF) interviennent dans le réaménagement de terrains industriels ou de zones en friche. Ces actions aboutissent parfois à la réhabilitation en zones naturelles d’espaces parfois surprenants, dont l’utilisation était loin d’être écologique à l’origine. Le directeur général de l’EPF Nord-Pas de Calais, Marc Kaszynski, présente sur Bonnes Nouvelles Environnementales quelques projets particulièrement réussis.

 

Bonnes Nouvelles Environnementales : Quelle est la fonction d’un établissement public foncier  (EPF)?

 

Marc Kaszynski : un EPF est un opérateur public de l’Etat au service des collectivités territoriales d’une région, « recycleur » de foncier, c’est-à-dire de terrains ou de sites mais aussi de biens immobiliers. Il prend en charge une partie du coût d’achat et de remise en état des sites pour développer l’offre de logement social d’une commune ou encore accompagner des projets économiques d’intérêt régional, voire national. Attention : notez bien que notre mode d’intervention reste le portage foncier. Nous ne conservons pas les terrains acquis à la demande de la collectivité !

 

BNE : L’établissement peut-il également intervenir dans la protection de l’environnement ? Depuis combien de temps ?

 

M. K. : Oui. Spécifiquement dans le Nord-Pas de Calais, l’EPF a été créé pour requalifier les friches industrielles. On peut donc considérer que la fonction économico-environnementale était présente à sa création. Elle s’est développée ensuite par la création en 1996 du pôle de compétence des sites et sols pollués qui a permis à l’EPF de développer de l’expertise juridique, foncière et technique dans ce domaine.

Ces dernières années, dans le cadre de l’avenant pour 2011-2014 au programme pluriannuel d’intervention 2007-2013, l’EPF a vu s’accroître la protection des ressources naturelles à la suite des lois Grenelle I et II qui demandent de gérer le foncier de façon économe, notamment en ville avec le principe de « ville intense », mais aussi de préserver les terres agricoles et de diminuer l’artificialisation des surfaces. Les EPF doivent aussi veiller à préserver la biodiversité. Une de leurs missions est de développer les trames vertes et bleues.

 

BNE : Concernant la biodiversité, pensez-vous qu’elle pourra se cantonner aux trames vertes et bleues ?

 

M.K. : Le mot « cantonner » ne me convient pas bien. On pourrait imaginer qu’une partie importante des efforts de protection, restauration, développement de la biodiversité puissent prendre appui sur les démarches de la trame verte et bleue. Celle-ci nécessite pour être spatialisée, une définition des modalités de contrôle des fonciers, supports permettant de garantir la durabilité des investissements. A l’EPF Nord – Pas de Calais et à partir de notre expérience de recycleur de fonciers dégradés en site urbain, nous sommes plus particulièrement intéressés par la problématique de la reconstruction d’une biodiversité «ordinaire», c’est-à-dire les espèces communes, en tissu urbain, complémentaire des sanctuaires et cœurs de nature et plutôt sous la forme de continuité de corridors à mettre en place à l’occasion des opérations de renouvellement urbain.

 

BNE : Quelle est la part environnementale dans les réalisations de l'établissement ?

 

M.K. : Au regard de la structure du budget pluriannuel d’intervention, à savoir :

50   % pour le foncier du logement locatif social,

30 % pour le renouvellement urbain,

10 % pour les projets économiques,

10 % pour l’environnement,

on peut considérer que 40 % de ses ressources sont affectés à des objets environnementaux mais, de fait beaucoup plus, puisque par exemple une partie importante des opérations pour le logement locatif social se fait dans le cadre d’opérations de recyclage foncier voire de traitement d’amiante et de sols pollués.

 

BNE : Quels sont les projets qui vous semblent les plus réussis ?

 

M.K. : En 20 ans d’existence de l’EPF Nord-Pas de Calais, c’est peut-être le formidable travail qui a été mené sur les terrils du Nord-Pas de Calais, aujourd’hui sites naturalistes ou sportifs classés au patrimoine de l’humanité par l’Unesco. Mais il y a aussi la reconversion des friches industrielles dans les villes, dont personne ne voulait car elles étaient polluées. Grâce à la collaboration de tous, à la mise en commun de compétences multiples et diverses, nous avons trouvé des moyens de sortir par le haut de situations presque ingérables. Ces sites sont à nouveau des lieux de nature et d’histoire, avec une portée sociale importante.

 

BNE : justement, quelles ont été les retombées sociales et économiques de ces réaménagements ?

 

M.K. : L’EPF est identifié depuis maintenant de nombreuses années tant par les collectivités territoriales que par les acteurs économiques et les associations, comme un opérateur important de transformation des handicaps auxquels cette région est confrontée depuis sa crise de restructuration économique. Le réaménagement de friches en centre-ville, par exemple, a permis de recréer un environnement attractif pour les habitants, mais aussi d’attirer de nouvelles entreprises, donc des emplois. Le développement se fait sur un territoire durable.

 

BNE : La règle sur Bonnes Nouvelles Environnementales est de donner au moins une bonne nouvelle. Vous en avez cité plusieurs, en avez-vous concernant l’avenir proche ?

 

M.K. : Oui, vous remarquerez dans notre avenant 2011-2014, que le conseil d'administration a adopté ce programme en doublant à l'unanimité les moyens financiers de l'EPF, nous permettant ainsi de poursuivre le développement de nos activités et d'embaucher des compétences nouvelles au service de ces projets d'intérêt général, ce qui dans ce climat de morosité des moyens publics est réjouissant !

 

(photo CVA)

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27 octobre 2010 3 27 /10 /octobre /2010 15:30

 

L’association Bio Consom’acteurs et la FNAB (Fédération Nationale d’Agriculture Biologique) ont présenté un bilan du bio en restauration collective le 26 octobre dernier. Même si la France part de plus loin et connaît un retard par rapport à certains pays européens, le bio se développe de façon constante et rapide.

 

Selon Hugues Toussaint, fondateur de Bio Consom’acteurs, de 4 millions de repas bio ou comprenant un élément bio servis en 2005, on est passé à 10 millions de repas en 2007. 2008 a représenté un tournant pour le bio en restauration collective avec plus du tiers des établissements qui ont proposé pour la première fois des produits bio dans leurs menus. Une enquête CSA d’avril 2010, commandée par l’Agence bio, indique pour sa part que les produits bio seront présents dans 80% des restaurants collectifs d’ici 2 ans.

Ces chiffres cachent toutefois de grandes disparités. Les universités ou la restauration sociale et médicale sont encore très en retard à proposer du bio dans leurs menus (11% en 2010). A l’opposé, les écoles primaires, collèges et lycées qui proposent du bio tous les jours ont triplé.

 

Même si le bio dans la restauration collective ne date pas du Grenelle de l’Environnement, il a connu un essor important avec le Plan de Développement de l’Agriculture Biologique du Ministère de l’Agriculture en 2007. La restauration collective est devenue un débouché notable et stable pour les producteurs de produits bio qui se sont structurés pour répondre à cette nouvelle demande. De nombreux progrès restent encore à faire pour que ces producteurs puissent répondre aux appels d’offres, notamment, mais une révision prochaine du code des marchés publics devrait leur faciliter la tâche, à moins que ce ne soit par la création de filières spécifiques, créées pour le besoin. C’est l’option qu’a choisie la ville de Lons-le-Saunier, dans le Jura, pour ses cantines scolaires, un self municipal et pour l’hôpital en menant une réflexion dès 1989 sur le bio (voir l’article ci-dessous Le bio en restauration collective, une volonté politique avant tout).

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 09:29

100_0840.jpgSelon une annonce du ministère de l’écologie du 23 août, la puissance cumulée du parc photovoltaïque installé en France était de 81 MW fin 2008 et sera de 850 MW fin 2010, soit une multiplication par 10 en 2 ans. Les projets déposés à ce jour représentent par ailleurs plus de 3000 MW. La France est donc très largement en avance sur la mise en œuvre des objectifs du Grenelle de l’Environnement (1100 MW installés fin 2012 et 5400 MW en 2020). A titre comparatif, l’Espagne, deuxième pays européen en production solaire après l’Allemagne, produira 4360 MW en fin d’année et atteindra les 5360 MW* en 2012. Mais depuis plusieurs années déjà, le solaire se développe fortement, dans la Péninsule, après un boom de l’éolien qui a placé le pays en quatrième position mondiale pour la production d’électricité éolienne. La France se lance enfin sur la voie du solaire et c’est une bonne nouvelle, d’autant que le coût des installations baisse régulièrement.

Considérant que le marché est maintenant mature, le gouvernement a décidé d’adapter le dispositif de soutien par les tarifs d'achats à cette nouvelle phase de développement. Les tarifs applicables aux installations domestiques d’une puissance inférieure à 3 kWc (soit environ 30 m2 de panneaux) resteront inchangés à 58 c€ par kWh. Pour les autres projets, l'ajustement correspondra à une baisse de 12 % à partir du 1er septembre. L'Allemagne et l'Espagne ont décidé de diminuer leurs propres tarifs de plus de 15 %.

Malgré cette baisse de tarifs, l’objectif d’une croissance de 500 MW par an a été prévue par le Grenelle Environnement.

*source : association espagnole des producteurs d’énergies renouvelables

photo CVA : installation d'un champ solaire en Castille

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6 février 2010 6 06 /02 /février /2010 16:26
L’Agence Bio, organisme chargé d’accompagner le développement du bio en France, vient de présenter les résultats du bio en 2009. Ce ne sont que des bonnes nouvelles. En effet, dans un contexte agricole plutôt morose, le bio représente le secteur agricole au plus fort développement avec une croissance à deux chiffres et des conversions qui se comptent par milliers (+ 3100 conversions en 2009 par rapport à 2008). Le bio représente maintenant 3,2% des exploitations en France (contre 2,6% en 2008), ce qui semble encore peu, mais d’autres conversions sont déjà en cours. Pour l’Agence, les engagements du Grenelle de l’Environnement seront tenus : 6% de l’agriculture bio en 2012 et 20% (voire, plus !) en 2020.

Une conversion nécessite trois ans de production sans utilisation de produits de synthèse (ni en engrais ni en traitement) avant de pouvoir être déclarée bio. Pour être bio, l’agriculture doit respecter le rythme des saisons et le cycle de vie des plantes, sélectionner des variétés adaptées à la région, désherber manuellement, mécaniquement ou thermiquement et protéger les cultures en introduisant des prédateurs naturels. En élevage, les éleveurs bio nourrissent leurs animaux dans des pâturages ou avec des fourrages et des aliments bio, le nombre d’animal par m2 est limité pour éviter la pollution des sols ou des nappes et pour le bien-être animal aussi.

Si ces résultats sont positifs, c’est aussi grâce à nous, consommateurs ! 46% des Français consomment du bio au moins une fois par mois (contre 37% en 2005). Les plus gourmands de bio sont les retraités (27%). A noter, les ouvriers qui représentaient 5% des consommateurs de bio en 2005 sont aujourd’hui 16%. Enfin, acheteurs bio ou pas, 58% des Français comparent les prix du bio. Il existe donc un potentiel de nouveaux acheteurs de bio n’ayant pas encore franchi le pas, mais qui sont en veille actuellement. Ceci devrait donc contribuer à une modération des prix.

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Published by CVA - dans économie
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