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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 16:10

Disparue de l’île de la Réunion, mais comptant encore plusieurs milliers d’individus avant la déforestation de l’île Maurice au début du XXè siècle, la population de perruches decette île était tombée à 10 individus connus entre 1970 et 1985. L’extinction était proche. Grâce à des mesures de protection mises en place à partir des années soixante-dix, l’espèce est sauvée aujourd’hui.

Les premières actions ont consisté à augmenter l’apport en nourriture des perruches pour compenser les pertes alimentaires dues à la monoculture de canne à sucre, en lieu et place des anciennes forêts où les oiseaux trouvaient de nombreuses sources alimentaires. Les naissances ont donc augmenté doucement, faisant passer la population à une vingtaine d’oiseaux en 1994.

Les interventions ont ensuite porté sur la lutte contre différents prédateurs, dont les rats, importés dans l’île dès le XVIè siècle et ayant participé à la disparition du fameux Dodo, gros oiseau ne sachant pas voler et que les colons ont également chassé à outrance. Les rats, mais aussi les macaques crabiers, dévastent les nids des perruches. Il était donc important de poser des barrières ou des filets afin de les empêcher d’accéder aux nids.

La pose de nids artificiels a également aidé les perruches à trouver plus facilement des lieux de reproduction dans un paysage déboisé où la compétition fait rage entre les différentes espèces d’oiseaux, les perruches à collier et les mainates étant les principaux concurrents de la perruche Maurice. La population est alors passée à 50 ou 60 individus en 1997.

Parallèlement, des naissances en captivités à partir de 1993 ont permis de relâcher des oiseaux dans leur milieu naturel. Une nouvelle population sauvage a ensuite été découverte, faisant grimper le nombre d’oiseaux à 300 individus.

Depuis plusieurs années, le gouvernement de l’île a par ailleurs décidé de limiter la monoculture de canne à sucre afin de développer des cultures vivrières de fruits et de légumes autochtones. Celles-ci ont rapidement bénéficié aux habitants ainsi qu’aux perruches. 500 oiseaux étaient ainsi dénombrés en 2006 et 580 en 2010.

Grâce à toutes ces actions, l’UICN a pu changer la perruche Maurice de catégorie dans sa liste rouge des espèces menacées, la passant de « en danger critique d’extinction » à « en danger ».

Pourquoi toujours « en danger » ?

 

Car il reste encore beaucoup à faire. En effet, le territoire où vivent les perruches est très limité (une quarantaine de km2 au sud-ouest de l’île). Même si le gouvernement a décidé de créer un parc national dans les années 90, le Parc National Black River Georges, en replantant de la forêt native, les prédateurs de la perruche Maurice sont toujours présents. Par ailleurs, de nouvelles causes de mortalité touchent les oiseaux : des larves infestent les nids et une maladie les touche ces dernières années, la psittacose aviaire. Un programme de recherche génétique a été lancé pour apporter un maximum de diversité à l’espèce afin de lui permettre de mieux résister aux maladies. Des opérations de désinfection des nids sont également réalisées. L’espèce est donc sauvée actuellement, mais il faut redoubler d’efforts pour permettre à la perruche Maurice d’atteindre un nombre suffisant d’individus dont la reproduction compensera les pertes naturelles.

Le sauvetage de la perruche Maurice est heureux à plusieurs titres : les efforts continus et complémentaires ont porté leurs fruits, même avec un nombre très réduit d’individus. Ce n’est pas toujours le cas. Bien souvent, lorsqu’une espèce atteint un seuil critique, elle est remplacée par une autre espèce qui « prend la place » et il n’est pas toujours possible à l’espèce initiale de recoloniser les lieux. C’est le cas pour la morue du Canada, notamment, qui n’a pas réussi à se rétablir sur les côtes malgré l’arrêt de la pêche. Ce sauvetage montre aussi qu’il est important de retrouver une bonne diversité génétique au sein d’une même espèce afin d’éviter un affaiblissement des individus. Avec moins de consanguinité, ils ont plus de chance de résister aux maladies. Enfin, un nombre d’individus assez élevé permet d’engendrer mathématiquement plus de naissances que de disparitions d’oiseaux, toutes causes confondues.

100 3002la forêt autochtone, meilleure source alimentaire (photo CVA)

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commentaires

TL 16/04/2016 04:52

L'espèce a déjà disparu de la nature...